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02/11/2018 14h:49 CET | Actualisé 02/11/2018 14h:49 CET

Nous vaincrons!

Quelle est donc l’urgence aujourd’hui: C’est de faire barrage à une mouvance intégriste menteuse, antidémocratique, manipulatrice et surtout dangereuse.

Zoubeir Souissi / Reuters

Mais d’abord, mettons nous d’accords: voulons-nous oui ou non que la Tunisie devienne un Etat de droit, démocratique, moderne, social et juste? Alors commençons par arrêter de parler de coups d’Etat, de vouloir donner le pouvoir à un militaire ou je ne sais quel homme fort (le temps des Superman est fini)! Arrêtons aussi lorsqu’on se sent un peu impuissants, ce qui est compréhensible mais guère justifiable, de reparler et de souhaiter le retour de Zaba. Si nous sommes dans cette situation, c’est bien à cause de lui.


Quelle est donc l’urgence aujourd’hui: C’est de faire barrage à une mouvance intégriste menteuse, antidémocratique, manipulatrice et surtout dangereuse. Les récentes révélations du Comité de défense de nos martyrs Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, le prouvent de plus en plus.


Face à ce danger: Que faire? (comme l’a si bien dit Vladimir Ilitch Oulianov). Il y a en tout trois modes d’opposition à cette mouvance: 

-La première c’est d’appeler à l’éradiquer totalement par l’emprisonnement, la torture et parfois même les assassinats. La vengeance n’a jamais rien donné de bon. Ben Ali l’a fait et vous voyez les résultats: il n’a fait que les renforcer, car ils adorent la victimisation, et ce n’est guère comme cela que l’on va avoir la paix. Cela se peut, mais momentanément. Donc, on est contre.

-La deuxième, c’est de collaborer avec eux, discuter avec eux et gouverner avec eux. Vous avez vu le résultat depuis huit ans! Donc, là aussi on est contre.


-La troisième, et c’est notre choix, c’est de ni chercher à les éradiquer par la violence et la terreur (c’est trop facile), ni gouverner ou collaborer avec eux et ni discuter avec eux. C’est de les combattre par nos idées, par les urnes et par le peuple éduqué, instruit et surtout convaincu de leur dangerosité. C’est tout cela qui les fera “disparaître” et les ramènera vers ce qu’ils représentent réellement : moins de 10%, et pourquoi pas, moins encore!


Quelques solutions urgentes de réformes:


-Politiquement: Changer le mode de scrutin actuel qui aidera à unir les démocrates progressistes trop divisés, réformer la justice pour qu’elle soit réellement indépendante, condamner tous ceux qui ont porté préjudice à notre pays, instaurer toutes les institutions constitutionnelles en commençant par la plus urgente: la Cour constitutionnelle.


-Économiquement et socialement: Lutter contre la corruption et le commerce parallèle. Deux solutions existent: Les citoyens ne paient aucun impôt s’ils dépensent tout leur salaire. S’ils font des économies et veulent garder leur argent, ils doivent s’acquitter d’un impôt. Pour cela ils doivent tout justifier par des reçus et des tickets, même pour l’achat d’une courgette. L’Etat ne défalque que la TVA. Chez nous elle est de 19%. Imaginez donc tous les bénéfices ainsi gagnés et qui seront utiles pour créer de l’emploi, se doter d’une économie enfin honnête, construire des écoles et des hôpitaux, revoir toute l’infrastructure...! D’autant plus que cela remettrait dans le circuit économique légal tout ce qui est illégal. Cela obligerait tous les commerces, même un “9laibi” (vendeur de glibettes), de se doter d’une caisse enregistreuse. Dans ce cas, l’Etat annoncerait une amnistie fiscale pour tout le monde pendant un ou deux ans afin de nous permettre de respirer et donner le temps à tous les commerces de se doter de machines et de se mettre à niveau. Pour les entreprises, l’Etat baisserait exceptionnellement à 5% l’impôt sur les bénéfices que ces dernières doivent continuer à payer dans un esprit de solidarité nationale. 
L’autre solution concernant les impôts, c’est que l’Etat prélève mensuellement les impôts que ce soit concernant le privé ou le public. 


Autre urgence: Nous avons une dizaine de régions (Sidi Bouzid, Kasserine, Kairouan, Gafsa, Tozeur, Tataouine, Kebili, Medenine...) longtemps oubliées. Il faut, mise à part les petits projets en cours, un grand projet national pour chacune de ces régions, ce qui redonnerait de “l’espoir” à tous les habitants de ces régions et donc à tout le pays.


Lutter contre notre déficit commercial en encourageant nos PME et PMI et leur accorder tous les avantages pour qu’ils puissent exporter le plus possible. Ce sont eux les vrais patriotes et c’est ainsi que l’on redressera le dinar tunisien. Il faut savoir, que la majorité de nos hommes d’affaires soutenus en cela par plusieurs députés qui les défendent bec et ongle, sont de grands importateurs. C’est eux qui creusent le déficit. Il faut fortement les taxer. 
Il faut également assurer une allocation chômage égale au Smig à tous ceux qui n’ont aucun métier. Mais au bout de trois offres d’emploi rejetées, la personne sera radiée. C’est donnant-donnant.


-Culturellement : réformer de fond en comble notre système éducatif qui ne forme que des analphabètes. Il faut encourager chez nos élèves l’esprit critique et d’analyse. Renforcer les sciences humaines et l’ouverture d’esprit sur tous les principes universels des droits de l’homme. Développer en eux l’esprit de solidarité et de citoyenneté universels. Créer dans chaque ville des bibliothèques dignes de ce nom et des espaces de jeux et de loisirs gratuits pour aider à leur épanouissement intelligent.


Bien sûr, d’autres réformes plus profondes sont nécessaires. 
Et c’est seulement ainsi que nous vaincrons!

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