TUNISIE
23/10/2019 16h:48 CET | Actualisé 23/10/2019 16h:49 CET

Noureddine Taboubi sur l'idée de donner l'équivalent d'un jour de travail à l'Etat pour renflouer les caisses: "Les travailleurs sont ceux qui font le plus de sacrifices"

Le secrétaire général de l'UGTT n'a pas semblé emballé par l'idée proposée par le président de la République Kais Saied.

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) Noureddine Taboubi est revenu, mercredi, sur l’idée avancée par le président de la République Kais Saied, que les citoyens donnent l’équivalent d’un jour de travail par mois pendant 5 ans sur les salaires afin de renflouer les caisses de l’Etat.

“Le président de la République n’a pas fait une telle proposition, il a évoqué une proposition émanant de la part des jeunes sur les réseaux sociaux” a-t-il assuré avant de poursuivre: “Il y a des gens qui font partie des classes les plus pauvres, qui sont au chômage ou à la retraite dont il n’a pas parlé”.

“Les travailleurs sont ceux qui font le plus de sacrifices (...) Qu’il aille vers les barons de la contrebande et de l’évasion fiscale et après si on doit faire des sacrifices, on étudiera cette possibilité tous ensemble” a-t-il indiqué.

Concernant les négociations pour la formation du futur gouvernement, le secrétaire général de la centrale syndicale affirme que celle-ci n’est pas concernée: “C’est aux partis politiques de former la coalition au pouvoir et de mettre en place leurs consensus (...) L’UGTT n’est pas concernée, ni de près, ni de loin. Nous n’allons nommer ni de ministre, ni de gouverneur, ni de délégué. Chacun doit jouer son rôle (...) Par contre, quand on nous contacte pour avoir un avis, nous le donnons” assure-t-il appelant les partis à “rapidement” se mettre d’accord: “J’espère qu’ils réussiront dans les plus brefs délais”.

Interrogé sur les attaques contre la centrale syndicale sur les réseaux sociaux, Noureddine Taboubi estime que la Tunisie a besoin de stabilité sociale. “Cette stabilité a ses règles. Quand les gouvernements tiennent leurs promesses et travaillent sérieusement, la stabilité sera au rendez-vous. Faire grève n’est pas un caprice, c’est un moyen quand les gens à qui vous avez envoyé des correspondances pour dialoguer et trouver des solutions ne vous écoutent pas (...) Dans une majorité de cas, ces appels à la grève sont annulés après le dialogue” explique-t-il avant de continuer: “Si l’on doit faire une grève ou même 20, on le fera. Quand la situation ne sera pas propice nous ne le ferons pas”. 

Lors de son discours à l’ARP après avoir prêté serment, le président de la République Kais Saied avait affirmé que beaucoup de Tunisiens sont “prêts à donner l’équivalent d’un jour de travail pendant 5 ans jusqu’à ce que les caisses de l’Etat se remplissent et jusqu’à ce que nous nous débarrassions de nos dettes et de nos crédits”.

Cette idée soulevée lors du discours a donné lieu à de nombreux débats.

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