TUNISIE
17/01/2019 14h:04 CET

Noureddine Taboubi promet l'escalade après la réunion de la commission administrative nationale, prévue samedi (VIDÉO)

“Nous ne ferons pas marche arrière!” a affirmé Noureddine Taboubi face aux militants réunis à la place Mohamed Ali.

Le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi s’est adressé, jeudi, aux travailleurs rassemblés à la place Mohamed Ali, où se trouve le siège de l’Union Générale Tunisienne du Travail, et ce en marge de la grève générale de la fonction publique et du secteur public, ne mâchant pas ses mots contre le gouvernement.

Alors que le chef du gouvernement a publié, mercredi dans la soirée, un décret pour la réquisition des fonctionnaires publics pour certaines entreprises -jugé illégal par l’UGTT-, Noureddine Taboubi fustige: “Vous pouvez vous le garder” dit-il affirmant que celui-ci n’a pas été respecté.  

“Hier, ils ont ouvert l’imprimerie officielle à 23 heures pour publier leur décret. Pendant ce temps, le décret relatif au recrutement des enseignants vacataires traine encore” a-t-il déploré.

Revenant sur la situation du pays, Noureddine Taboubi tacle le bilan du gouvernement: “De quel développement nous parlent-ils? 1.800.000 tunisiens n’ont pas d’eau potable, 300.000 tunisiens ne sont pas raccordés à l’électricité, 150.000 familles habitent dans des maison en tôles -et c’est seulement ces derniers jours qu’ils s’en sont rendu compte- (...) de qui vous moquez-vous?”

“Nous ne sommes pas prêts à ce que les travailleurs supportent seuls la charge fiscale. Les travailleurs représentent 75% des recettes fiscales” a-t-il annoncé regrettant le fait qu’il existe “7000 millions de dinars de dettes chez leurs maîtres qui financent leurs campagnes électorales”.

“Nous avons aujourd’hui 2000 personnes dont le revenu annuel ne dépasse pas les 2000 dinars, soit un peu plus que 500 euros par an. Est-ce suffisant pour vivre? Vous mettez en avant vos réalisations, mais où est le développement dont vous parlez?” a-t-il continué indiquant que les secteurs de la Santé, de l’Enseignement, du Transports et d’autres secteurs stratégiques sont aujourd’hui en crise.

“Malheureusement nous ne reconnaissons plus notre pays” a déploré Noureddine Taboubi.

Poursuivant son attaque contre le gouvernement de Youssef Chahed, le secrétaire général de l’UGTT poursuit: “Le chef du gouvernement a dit hier qu’il était un homme d’État et qu’il ne voulait pas hypothéquer les chances des générations futures. C’est vous qui êtes la cause de l’endettement, celui-ci a dépassé les 70%”.

“Regardez où nous en sommes aujourd’hui. Nous ne trouvons plus les produits élémentaires et ils osent dire qu’ils pensent au peuple. C’est vous qui l’avez détruit!” s’adresse-t-il au gouvernement appelant les militants de l’UGTT a jouer un rôle majeur aux prochaines élections.

“C’est pourquoi, les prochaines élections -législative et présidentielle- vous concernent. J’ai confiance en le peuple pour faire le bon choix et demander des comptes à tout ceux qui ont commis des crimes contre le peuple tunisien” a appelé Taboubi.

Nous tiendrons bon pour que les fonctionnaires publics aient des augmentations de salaire à la hauteur de leur militantisme”

 

Alors que samedi se tiendra la réunion de la commission administrative nationale, le leader syndical affirme que celle-ci “décrétera l’escalade”: “Nous ne ferons pas marche arrière!”

“Nous vous le rappelons une nouvelle fois, si des gens dans l’ombre vous demandent de vous attaquer à l’UGTT, vous vous trompez d’ennemi, c’est vous et vos appuis qui allez perdre. L’UGTT restera debout. Ce n’est pas aujourd’hui que vous allez nous faire plier à travers les gens que vous payez par l’argent du contribuable à nous diaboliser sur Facebook et sur les réseaux sociaux” s’adresse-t-il au gouvernement avant d’ajouter: “Le seul moyen pour vous de nous faire plier, c’est de travailler le pays avec loyauté et de contribuer à faire évoluer le niveau de vie des Tunisiens”.

Ennahdha également ciblée

Noureddine Taboubi s’est attaqué à ceux qui “ont eu sur un plateau” le pouvoir au prix du “sang des militants et militantes” après avoir passé des années “tapis dans l’ombre”: “Ils sont venus déverser les poubelles sur cette place, mais ça n’a pas suffit parce que cette place est pure”.

“Ils sont venus nombreux pour démanteler l’UGTT mais ils n’ont pas réussi parce que nous avons la force de nos militants et militantes” a-t-il affirmé en faisant référence -sans le nommer- aux évènements du 4 décembre 2012, sous des chants hostiles des militants de l’UGTT contre Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha.

Le 4 décembre 2012, le siège de l’UGTT a été vandalisé par des personnes qui seraient affiliées aux Ligues de Protection de la Révolution et à Ennahdha, conduisant à des actes de violence entre les militants syndicaux et ces personnes, avait alors déclaré l’UGTT. Une version qui a été rejetée par Ennahdha, regrettant alors des “accusations infondées”.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.