TUNISIE
03/07/2018 15h:00 CET

Noureddine Taboubi craint "une révolution sociale" et appelle à la mobilisation

Taboubi prédit une “révolution sociale par excellence contre la politique d’appauvrissement et paupérisation que vivent les citoyens"

NurPhoto via Getty Images

Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) Noureddine Taboubi a affirmé, mardi dans une interview accordée à Acharaa Al Magharibi, craindre “une explosion sociale” à la suite de la hausse des prix.

Pointant du doigt les conditions de vie difficiles voire “insupportables” des Tunisiens, il note également “les faibles salaires perçus par les tunisiens, les plus bas de la région après l’Égypte”.

Jugeant la situation grave, il dit craindre “une explosion sociale” dont les conséquences peuvent être très graves face à un gouvernement absent.

“Aujourd’hui, les prix en Europe sont beaucoup moins chers qu’ici. Le kilo de viande ovine à Bruxelles coûte 8 euros alors qu’à Tunis il coûte 24 ou 25 dinars. Le kilo de poulet coûte 2 euros soit près de 6 dinars, alors qu’ici il coûte 7,5 dinars. Et tout ça avec un salaire minimum de 5400 dinars tunisiens en Belgique alors qu’en Tunisie, il ne dépasse pas les 370 dinars!” s’est plaint le secrétaire général de l’UGTT.

Évoquant, l’incapacité du gouvernement à faire face à cela et à protéger les citoyens, Taboubi prédit une “révolution sociale par excellence contre la politique d’appauvrissement et paupérisation que vivent les citoyens et la fin de la classe moyenne qui est devenue insignifiante dans le tissu social”.

Pour étayer ces propos, le secrétaire général de l’UGTT donne quelques chiffres: “50% des familles tunisiennes ont de grandes difficultés pour les choses les plus basiques de la vie et 30% d’entre elles se sentent écrasées, détruites...la Tunisie n’est jamais parvenue à une telle situation depuis l’indépendance (...) cette situation n’est plus acceptable”.

C’est pour éviter cela, que la centrale syndicale a décidé de lancer les 10 et 12 juillet prochains, des mouvements de protestations: “Les centres de décisions qu’ils soient sectoriels ou de bases, ont décidé de mener des mouvements militants qui débuteront le 10 et le 12 juillet prochains afin de demander une amélioration des conditions sociales” a expliqué Taboubi.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.