ALGÉRIE
14/03/2019 11h:43 CET | Actualisé 14/03/2019 12h:26 CET

Noureddine Bedoui botte en touche face aux questions des journalistes

Reuters

Après Ramtane Lamamra et Lakhdar Brahimi, c’est au tour de Noureddine Bedoui, nouveau Premier-ministre, de s’atteler à “vendre” aux Algériens le “plan d’action” d’Abdelaziz Bouteflika. Lors d’une conférence de presse animée ce jeudi 14 mars 2019 au Centre international des Conférences (CIC), l’ex-Ministre de l’Intérieur a montré une maîtrise inégalée dans l’utilisation de la langue de bois.

Accompagné par son vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra, qui a déjà tenté hier de “séduire” les Algériens, le tout-nouveau Premier ministre a botté en touche pendant toute la durée de la conférence, évitant de répondre aux questions des journalistes.

Il a ainsi été interrogé sur quelle base juridique Abdelaziz Bouteflika entend prolonger son 4e mandat, sur la formation du nouveau gouvernement et la conférence nationale.

Bedoui ne fait pas mieux que Lamamra

Noureddine Bedoui, après avoir souligné que le pays vit une “situation sensible” et un “moment historique”, a annoncé que le nouveau gouvernement “est sur le point d’être formé”.

Tout comme son Vice-Premier ministre, il a promis que cette formation sera “formée de technocrates (...) représentative de toutes les compétences, notamment les jeunes”, sans avancer le moindre nom. 

Interrogé sur la déclaration du président, selon laquelle “il n’a jamais été question d’un 5e mandat pour lui” après avoir déposé sa candidature, Noureddine Bedoui a préféré botter en touche, encore une fois, estimant que les deux lettres “sont complémentaires”. 

“Le Président Bouteflika a répondu aux revendications du peuple à travers ses lettres”, explique-t-il, rajoutant que la seconde “répondait à ceux qui doutaient sur le processus électoral”. 

Interrogé sur quelle base juridique le président envisageait de prolonger son 4e mandat, le Premier ministre a réitéré la même réponse. Bouteflika entend ainsi se maintenir à son poste à la fin de son mandat en réponse ... ”à la demande des Algériens”.

Pourtant, ces derniers étaient sortis par millions contre ce que beaucoup considèrent comme une “violation de la Constitution”.

L’opposition “conviée à rejoindre le gouvernement”

Noureddine Bedoui a fait savoir que la “conférence nationale” débutera “immédiatement après la formation du gouvernement”. Il a “renchéri” que l’opposition est “conviée à rejoindre ce nouveau gouvernement”, car “la situation exige la solidarité de tous”. “Nous tenterons de convaincre l’opposition et de répondre aux revendications du peuple”.

M. Bedoui a affirmé que “les revendications et les propositions de la jeunesse comme la ligne directive du nouveau gouvernement”, qui “sera un appui lors de la Conférence nationale”.

Il a réitéré “la détermination du gouvernement de discuter avec les représentants du peuple”. Il a indiqué que “tous sont conviés à relever les défis et réaliser les revendications du hirak populaire”, poursuivant que celui-ci les a “poussés à ouvrir les portes du dialogue”.

Il a fait savoir que “ce n’est pas au gouvernement de sélectionner les représentants du peuple mais c’est aux participants à la Conférence nationale” de le faire.