MAROC
06/04/2019 17h:12 CET

"Noujoum Sahra", le nouveau son de M'hamid El Ghizlane

Quatre garçons dans le vent du festival des Nomades.

HuffPost Maroc/Hanane El Arjoun

MUSIQUE - Le coup d’envoi de la 16ème édition du festival des Nomades a été donné le jeudi 4 avril 2019 à M’hamid El Ghizlane. La cérémonie d’ouverture de cette édition, qui se poursuit jusqu’au 6 avril, a été marquée par la participation du groupe “Noujoum Sahra”, un groupe de quatre jeunes originaires de M’hamid El Ghizlane. Le HuffPost Maroc est parti à la rencontre de ces talents qui ont fait vibrer le public du festival des Nomades.

Fondé en 2014, “Noujoum Sahra” n’est pas qu’un simple groupe de musique. Emmenés par l’amour du désert, les quatre jeunes hommes, tous âgés de moins de 20 ans, ont choisi de préserver leur culture en chantant en Hassani, tout en y associant des instruments modernes dont la guitare électrique. “Les jeunes de la région ont choisi de se lancer dans la musique Touareg, un style qui ne nous représente pas spécifiquement. Nous sommes des Hassanis, nous chantons notre dialecte. Nous avons décidé de préserver cette culture parce que si nous ne le faisons pas, la chanson Hassanie disparaîtra”, explique Said Taleb, fondateur du groupe, au HuffPost Maroc.

En 2014, Said décide de s’associer avec ses trois amis, Ali, Ayoub et Hamza, avec qui il se réunissait pour répéter leurs chansons. Les quatre jeunes hommes habitent tous Douar Aarib, un petit village de M’hamid El Ghizlane et sont passionnés par la musique. Leur histoire commence le jour où une touriste qui, après les avoir vu chanter, les appelle “Les stars du désert”, une expression qu’ils ont traduite en arabe et qui est devenue le nom du groupe.

Comme tous les artistes de la région, les membres de Noujoum Sahra jouent principalement dans les cérémonies de mariage. “Nous avons commencé par reprendre de célèbres chansons sahraouies, avant de commencer à écrire nos propres textes. Nous avons un style unique, on s’adapte au public. Par exemple si on le fait pour une cérémonie de mariage dans la région, on préfère chanter comme le faisaient nos ancêtres, on chante du vrai Hassani, des chansons très anciennes qu’on n’ose pas changer. Par contre, quand il y a des touristes, lorsque l’on chante dans des hôtels ou des bivouacs, on choisit d’ajouter une touche de modernité, pour divertir le public”, raconte Ayoub Berar.

Ali Elboudani, Said Taleb, Ayoub Berar ont quitté l’école très tôt alors que Hamza Bouda  a choisi de poursuive ses études. Les trois jeunes hommes sont convaincus que gagner sa vie dans cette région, il faut s’orienter vers le tourisme ou vers la musique. Un avis que seul Hamza ne partage pas. “Je préfère me donner une chance, poursuivre mes études parce que ça me servira beaucoup. Même en musique, d’ailleurs. Des fois, on reçoit des touristes qui nous demandent la signification des paroles et c’est dans des situations pareilles que je me dis que j’ai bien fait de continuer”, affirme-t-il fièrement.

Chanteur et guitariste du groupe, Said Taleb a une histoire particulière avec sa guitare électrique. À l’âge de douze ans, il tombe amoureux de cet instrument et en parle à son grand frère, qui le surprendra en lui offrant la guitare électrique de ses rêves. “Ma première guitare. Je n’oublierais jamais ce jour”, se souvient avec émotion Said.

Les membres de “Noujoum Sahra” ne passent pas inaperçus à M’hamid El Ghizlane. Très populaire dans la région, le groupe doit son succès à la reprise d’une célèbre chanson Hassanie, “Saratni Welfi Bklima”. “C’est l’une des chansons préférées de tous les Sahraouis. Nous étions ensemble assis dans les dunes de M’hamid, lorsqu’on a commencé à chanter cette chanson. On s’est dit pourquoi ne pas faire une vidéo et la publier sur Facebook, et on ne savait absolument pas que cette vidéo aller nous rendre populaire, dans le désert du moins”, nous raconte Ali. “Les gens commençaient à nous reconnaître dans d’autre villes, même à Guelmim, et ça nous a fait énormément plaisir”, se réjouit-il.

Cette année le festival des Nomades de M’hamid El Ghizlane a connu la deuxième participation du groupe, après une participation lors de la précédente édition.

Outre les concerts de nombreux artistes, le festival présente dans le cadre de sa 16ème édition plusieurs manifestations artistiques, culturelles et traditionnelles, dont les arts de la scène, des ateliers et expositions, une course de dromadaires et même du hockey sur sable.