TUNISIE
29/05/2019 19h:05 CET

Non, le burn-out n’a pas été reconnu comme une "maladie" par l’OMS (mais il a un statut particulier)

Un porte-parole de l'OMS a tenu à apporter quelques éclaircissements...

Westend61 via Getty Images

“Mon métier, je l’aime, je l’ai choisi, j’ai tout fait pour y arriver… Depuis plusieurs semaines, j’ai l’impression d’être vidé de l’intérieur. Je n’ai plus d’énergie pour me lever le matin, plus l’envie …”, témoigne un employé d’une agence de communication, victime du burn-out. 

L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé, lors de sa 72ème Assemblée mondiale de la santé, qu’elle ne reconnaissait pas le burn-out comme maladie, puisqu’il s’agit d’un “phénomène lié au travail, et non une maladie”, d’après le Figaro.

Lundi, l’institution spécialisée de l’Organisation des Nations Unies a affirmé que le burn-out avait fait son entrée dans la Classification internationale des maladies de l’OMS, liste qui a été adoptée par les Etats membres de l’OMS, réunis depuis le 20 mai à Genève, dans la cadre de l’Assemblée mondiale de l’organisation. L’entrée au sein de cette liste a laissé penser que l’OMS reconnaissait finalement le burn-out comme une “maladie”, phénomène qui n’avait pas été reconnu auparavant.

Cependant, un porte-parole a tenu à corriger, ce mardi, cette entrée en vigueur dans la Classification internationale des maladies: l’Organisation Mondiale de la Santé ne reconnaît pas le burn-out comme “une maladie”, puisque ce dernier a été classé dans le chapitre des “facteurs influençant l’état de santé”, étant donné que c’est un “phénomène lié au travail”, qui ne rentre donc pas dans la liste des “maladies”. Ainsi, le burn-out n’est pas perçu comme “une condition médicale”, selon l’OMS.

Le porte-parole précise que “l’inclusion dans ce chapitre signifie précisément que le burn-out n’est pas conceptualisé comme une condition médicale mais plutôt comme un phénomène lié au travail”. Cette nouvelle classification, appelée “CIP-11”, déjà publiée l’année dernière, décrit le burn-out comme un “syndrome (…) résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès, et qui se caractérise par trois éléments : un sentiments d’épuisement, du cynisme ou des sentiments négativistes liés à son travail, et une efficacité professionnelle réduite”.

La CIP-11 a été officiellement adoptée au cours de la 72ème Assemblée mondiale de l’OMS à Genève, et entrera en vigueur le 1er Janvier 2022.

On assiste alors à une évolution de la définition du burn-out, et une première réelle reconnaissance de ce phénomène, puisqu’il n’est plus perçu comme un simple “facteur”, il a finalement été reconnu comme une entité. En définitif, le burn-out n’est pas reconnu comme “une maladie” puisqu’il fait “spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie”.

Le burn-out, c’est quoi ?

Le burn-out, autrement dit, le “syndrome d’épuisement professionnel” est apparue pour la première fois dans les années 1970, pour “décrire l’épuisement au travail de professionnels de l’aide et du soin”. C’est le psychiatre américain Freudenberg qui, en 1975, l’a conceptualisé pour la première fois grâce à de nombreux travaux, qui ont donné lieu à diverses définitions, toutes qui rassemblaient un point en commun : l’état d’épuisement professionnel. Cet épuisement émotionnel, physique et psychique ressenti face à des situations de travail ”émotionnellement” exigeantes. 

Le burn-out est aujourd’hui considéré comme le “mal du siècle”, un mal qui se répand de plus en plus au sein des entreprises. D’après la psychologue Christina Maslach, le burn-out n’est pas “une nouvelle catégorie de maladie psychiatrique mais une spirale dangereuse susceptible de conduire au basculement dans la maladie- dépression ou maladie somatique- et à la désinsertion sur le plan professionnel, social et familial”. 

De nombreuses causes peuvent expliquer le burn-out, dont les exigences émotionnelles, le manque d’autonomie, les mauvais rapports sociaux et relations de travail, ainsi que les conflits de valeur. Cependant, les personnes souffrant de burn-out peuvent aujourd’hui être prises en charge et reprendre pied, afin de pouvoir pénétrer à nouveau dans le monde professionnel.

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