TUNISIE
23/08/2019 12h:55 CET

Nominations partisanes à venir dans certaines ambassades? Khemaies Jhinaoui explique

Le ministre des Affaires étrangères a apporté certaines précisions...

Le ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui a affirmé, vendredi, comprendre la contestation des diplomates par rapport à certaines nominations politiques lors du prochain mouvement dans le corps diplomatique, y apportant cependant plusieurs nuances.

“Je connais le ministère. J’y suis entré à l’âge de 22 ans, je connais toutes ses forces et ses faiblesses. Personne ne peut rien nous imposer dans la défense des intérêts du corps diplomatique et des affaires étrangères” a d’abord indiqué Khemaies Jhinaoui avant de poursuivre: “Ils ont le droit de manifester. Mais comment manifestent-ils sur une décision qui n’est pas encore sortie? Normalement, on manifeste contre une décision qui a été prise, sauf qu’aucune décision n’a encore été prise”.

Selon lui, le ministère est encore dans les délais pour annoncer le mouvement dans le corps diplomatiques assurant que dans d’autres pays, cela peut prendre 6 mois, un an voire même deux.

“Cela ne se fait pas à une date prise, cela se fait en fonction de l’évaluation que nous faisons au ministère du travail des ambassades” affirme-t-il.

Par ailleurs, “il y a eu un changement majeur à la tête de l’Etat. Le président de la République est décédé et un nouveau président est en place. Il est normal que le président en exercice exprime son avis sur les propositions faites par le ministre des Affaires étrangères” explique Jhinaoui indiqsuant que la grande majorité des nominations, lors de ces 4 dernières années, ont été faites au profit des personnes appartenant au corps diplomatique. “C’est quelque chose à laquelle j’ai tenu et je tiens encore. Sous l’ancien régime, j’ai été ambassadeur. On était seulement 4 appartenant au corps diplomatique. Je ne trouvais pas ça normal. Il est donc tout à fait normal que ces derniers défendent leurs droits” dit-il.

Interrogé sur des quotas éventuels de nominations venant de l’extérieur du ministère étrangère, Jhinaoui affirme que celui-ci doit être “acceptable”, rappelant qu’il n’existe pas de “quota fixe”.

“Il n’existe que deux pays au monde où les ambassadeurs émanent à 100% du corps diplomatique:  la Grande-Bretagne et l’Egypte, qui a dérogé à cette règle dans certains cas” dit-il.

“Il faut savoir que le président de la République a le pouvoir de choisir certaines personnes, qui selon lui ont l’expérience nécessaire d’exercer cette fonction (...)vJe ne peux pas dire que les nominations doivent avoir lieu dans un cercle fermé (...) Même la constitution donne ce pouvoir au président de la République” a-t-il conclu.

Des craintes sur des nominations politiques dans certaines ambassades ont été exprimées par le syndicat du ministère des Affaires étrangères. Celui-ci craignant des nominations extérieures au ministère ont observé une journée de colère mercredi, en portant un brassard rouge en signe de protestation contre des nominations “partisanes” ravivant la crainte des années “noires” vécue par le ministère après la révolution, lorsque de nombreuses nominations extérieures émanant de la Troïka avaient fait chanceler le travail opéré depuis plusieurs années par la diplomatie tunisienne.

Selon le magazine Leaders, la Kasbah viserait notamment 5 postes.

Parmi ces postes, l’on retrouve celui de représentant permanent aux Nations-Unies alors que la Tunisie siègera au Conseil de Sécurité en 2020.

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