ALGÉRIE
04/10/2019 11h:46 CET

No news sur Tliba qui devait être devant le juge, le 3 octobre: les faits et le reste

Huffpost MG
le député Tliba

Aucune nouvelle du sulfureux député Baha Eddine Tliba. Il était convoqué pour la journée du jeudi 3 octobre pour être entendu par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed à Alger, il n’est pas venu. Dans une affaire où les rumeurs, les spéculations et les contre-spéculations vont bon train, il est important de la souligner: Tliba n’a pas répondu à une convocation de la justice. C’est un “fait”

Le juge d’instruction en charge de l’affaire peut donc, à bon droit, le considérer comme en état de fuite et lancer contre lui un mandat d’arrêt. Ceux, assez nombreux sur les réseaux sociaux, qui affirmaient que tout cela n’était que du cinéma et que l’encombrant député allait apparaître normalement le 3 octobre au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger ont donc la preuve qu’ils ont tort. Tliba s’est soustrait à la convocation de la justice, il est donc bien en fuite. 

Autre fait confirmé par des sources locales, des perquisitions ont bien été effectuées à Annaba et El Hadjar dans des domiciles et bureaux appartenant à Tliba.  L’homme fait donc déjà l’objet de recherche de la part des services de sécurité. 

Les questions

Après les “faits” viennent les questions, sans réponse probantes. Où se trouve-t-il? Caché quelque part en Algérie? C’est une possibilité basse. Parti à l’étranger, c’est l’hypothèse la plus plausible. Comment? Le journal El Watan cite des “sources proches de la Police algérienne des frontières (PAF)” qui affirment que Tliba n’est passé par aucun “aucun poste-frontière de l’Est ou de l’Ouest pour tenter de quitter le territoire algérien, par voie aérienne ou terrestre”. 

Il faut souligner que Tliba aurait pu passer par un de ces postes frontières car il ne faisait pas fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN), une restriction à la liberté de circulation des individus que peut prendre le procureur de la république pour une durée de trois mois renouvelable une seule fois.

L’article 31 bis du code de procédure pénale précise toutefois que l’ISTN peut être renouvelée jusqu’à clôture de l’enquête “lorsqu’il s’agit des infractions de terrorisme ou de corruption”.

L’homme des frontières

Mais si comme l’indique la source “proche de la PAF”, Tliba n’est pas sorti par un poste frontière, les frontières du pays sont vastes et les contrebandiers connaissent les voies de sortie et d’entrée hors de la vue des services de sécurité. La fameuse “route de l’unité” a continué à fonctionner entre l’Algérie et le Maroc même après la fermeture des frontières entre les deux pays en 1994. Et souligne, un bônois avec amusement, les choses “aux frontières, c’est son truc à Tliba”.

Lui, suggère-t-il, n’a pas le profil classique des enfants du système, il n’est pas donc prêt à accepter les règles qui consistent à encaisser en silence,  purger sa peine et se faire oublier. Le style Tliba serait plutôt, “que sa mère pleure plutôt que la mienne”. 

L’affaire Tliba a pris un tour encore plus sulfureux depuis qu’un “communicateur” établi à Londres affirme distiller des “informations” que lui fournirait le député, qui n’est pas un “innocent” précise-t-il !  Un sulfureux député qui chargerait un sulfureux journaliste de faire sa communication, le feuilleton Tliba ne manque pas de surprises.