TUNISIE
29/10/2018 08h:49 CET

Nidaa Tounes veut un gouvernement sans Ennahdha

Une position étrange qui vient contraster avec les précédents déclarations du directeur exécutif du parti, Hafedh Caid Essebsi.

Facebook/Nidaa tounes

Le bureau politique de Nidaa Tounes a annoncé sa disposition à se concerter avec la famille démocratique progressiste au sujet de la composition d’un nouveau gouvernement et de la nature du remaniement ministériel, et ce, sans la participation du mouvement Ennahdha.

Dans une déclaration publiée dimanche, le bureau politique a qualifié de “graves” les déclarations du président d’Ennahdha Rached Ghannouchi à l’ouverture de la deuxième conférence annuelle des cadres du mouvement à Hammamet.

Dans son intervention, Rached Ghannouchi avait indiqué que le mouvement maintenait “son caractère non civil”, mettant en évidence les tentatives du parti de mettre la main sur les rouages de l’Etat et de changer la volonté les électeurs en imposant ses propres conditions pour le prochain remaniement ministériel, déplore le parti dans sa déclaration.

Le bureau politique de Nidaa dénonce, aussi, l’ingérence du président d’Ennahdha dans les relations diplomatiques de la Tunisie, ce qui est de nature à porter atteinte à l’intérêt national.

Une position étrange qui vient contraster avec les précédents déclarations du directeur exécutif du parti, Hafedh Caid Essebsi, qui a réitéré samedi, la non participation de son parti aux négociations relatives au remaniement ministériel, taclant au passage le chef du gouvernement Youssef Chahed.


Il recommande à son groupe parlementaire de continuer à boycotter les plénières jusqu’à l’application, par le gouvernement, de la décision du parlement relative à la non prolongation du mandat de l’Instance Vérité et Dignité.

Par ailleurs, le bureau politique appelle le gouvernement à traiter sérieusement avec les nouvelles données présentées par le collectif de défense dans l’affaire Chokri Belaid et Mohamed Brahmi pour révéler toute la vérité sur ces deux assassinats politiques.

Rached Ghannouchi, a souligné samedi que le pays a besoin de stabilité politique, mettant l’accent sur l’attachement de son parti au partenariat, au consensus et à l’unité nationale. Il a estimé que la victoire remportée par le mouvement lors des élections municipales constitue un nouveau défi qu’il est de son devoir de relever.

Il a rappelé que le mouvement Ennahdha avait décidé en 1995 de renoncer à l’action secrète et d’affirmer son caractère civil et pacifique en s’ouvrant sur les différents courants de l’opposition tunisienne. Aujourd’hui, a-t-il ajouté, Ennahdha est en train de former une équipe d’experts pour la conception d’une vision économique et sociale globale pour la Tunisie à l’horizon 2030 qui sera présentée dans le cadre de son programme électoral pour les échéances de 2019.

Abordant les relations extérieures de la Tunisie, Rached Ghannouchi a mis l’accent sur le besoin d’impulser les relations avec le continent africain, proposant la création d’un ministère des affaires africaines. Il a également appelé à revigorer l’union maghrébine et à créer un marché commun et une monnaie commune entre la Tunisie et l’Algérie.

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