TUNISIE
12/07/2018 15h:44 CET

Nidaa Tounes: La crise s'enlise

Les querelles internes au sein du parti Nidaa Tounes continuent...

FETHI BELAID via Getty Images

Il y a des signes qui ne trompent pas. Nidaa Tounes va mal. Le parti au pouvoir semble souffrir de querelles internes.

En effet, depuis les déclarations controversées du président du bloc parlementaire de Nidaa Tounes Sofiène Toubel, une effervescence sans précédant agite le parti.   

Appelant à une stabilité gouvernementale, Toubel, longtemps considéré comme proche de Hafedh Caïd Essebsi, a mis le doigt sur la plaie. Sa position qui émane à la suite de “la réunion de l’instance politique de Nidaa Tounes”, n’est pas du goût du directeur exécutif du parti. 

Cette réunion a été, d’ailleurs, remise en cause, tout d’abord, par le porte-parole du parti Mongi Harbaoui qui a réfuté fermement la légitimité de cette instance.

“Il s’agit d’une rencontre ordinaire entre certains députés, notamment en l’absence du représentant légal et du directeur exécutif du parti. Cette réunion n’engage en rien les structures légales du parti” martèle-t-il. 

Putsch ou attitude rebelle?

Réunie ce mercredi 11 juillet 2018, l’instance politique de Nidaa Tounes, composée de Sofiène Toubel et d’une dizaine de membres du parti, a annoncé, dans un communiqué de presse rendu public, la tenue du deuxième congrès du parti les 29 et 30 septembre prochain.

L’instance politique insiste également sur le fait qu’elle est le seul organe exécutif de Nidaa ayant pour responsabilité de diriger le parti de façon collégiale, et ce comme le prédit le règlement intérieur.

Parmi les décisions prises par l’instance figure notamment la nomination d’Ons Hattab au poste de porte-parole du parti en lieu et place de Mongi Harbaoui.

La lumière au bout du “Palais de Carthage” ?

Face à cette impasse, Mongi Harbaoui, accompagné par Ridha Charfeddine, Lamia Mlayeh, Chaker Ayadi et Lotfi Nébli, ont été tous reçus, mercredi, par le président de la République pour discuter de la crise qui secoue le parti depuis des mois. 

“Le président de la République ne veut plus qu’on parle en son nom” souligne de son côté Lotfi Nébli. Il a précisé qu’un tas de sujets ont été abordés avec Béji Caïd Essebsi notamment le rendement du gouvernement Chahed, la crise de Nidaa ainsi que les situations sociale et sécuritaire du pays.

Pourtant, Lamia Mlayeh n’a pas hésité de dévoiler l’attitude de Béji Caïd Essebsi concernant le rendement de Youssef Chahed. “Pour le président de la République, le gouvernement Chahed a échoué à satisfaire les attentes du peuple tunisien” dit-elle.

Intervenant jeudi sur les ondes de Jawhara Fm, Lamia Mlayeh a indiqué que la mise à l’écart de Harbaoui de son poste de porte-parole est une réaction immédiate de Toubel à la suite de sa rencontre avec le président de la République.

Elle a, par ailleurs, souligné que l’instance du parti réunie dans la soirée du mercredi “n’a aucune légitimité, puisque cette dernière ne peut se réunir que sur appel du directeur exécutif, d’autant plus le quorum n’est pas atteint”.

Elle fait savoir que le président de la République a précisé que le départ de Hafedh Caïd Essebsi de la tête du parti ne peut émaner qu’à la suite de la tenue d’un congrès. “En effet, tous ceux qui souhaitent le départ de Hafedh Caïd Essebsi n’ont qu’à organiser, au plus vite, un Congrès. C’est la seule méthode légale” a-t-elle noté.  

“Il n’y a pas vraiment de fissures au sein du parti mais tout simplement une divergence de vision” a précisé Mlayeh. 

HCE contre-attaque  

Les choses semblent se compliquer au sein du parti. Sans cacher sa colère, Hafedh Caïd Essebsi a publié un communiqué de presse dans lequel il évoque un coup d’État à l’encontre des positions officielles du parti. Il indique que “les positions de certains membres de l’Instance politique du parti, dont le nombre ne dépasse pas une dizaine d’un total de 32, n’engagent que cette minorité qui a choisi la voie de l’insurrection pour des intérêts personnels, dans le but de disperser Nidaa Tounes et de l’affaiblir”. 

Il a indiqué, d’autre part, que des mesures disciplinaires seront menées à l’encontre de ceux qui veulent détruire le parti en précisant que tout ce qui émane de leur part ne vaut rien à l’égard du parti. 

En attendant de savoir qui a tort, qui a raison, Karim Baklouti Barketallah, membre du parti, a exposé, à sa manière, le feuilleton de Nidaa Tounes. 

Il est à rappeler que s’adressant aux Tunisiens en mai dernier, le chef du gouvernement a fait remarquer que la crise politique au sein du parti s’est propagée pour toucher les institutions de l’État, ajoutant que Hafedh Caïd Essebsi et son entourage ont détruit le parti et appelant à la nécessité de le redresser.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.