TUNISIE
19/07/2018 08h:22 CET

Nidaa Tounes, de nouveau fréquentable pour ses anciens dissidents?

Alors que Ridha Belhaj démissionne du parti “La Tunisie D’abord”, Mohsen Marzouk se déclare "ouvert à tous les courants” au sein de Nidaa Tounes.

FETHI BELAID via Getty Images

L’Instance constitutive de “La Tunisie d’abord” a annoncé mercredi avoir accepté la démission du coordinateur du parti, Ridha Belhadj de ses fonctions.

Réunie ce mercredi, en présence de tous ses membres, l’Instance constitutive a décidé d’accepter la démission présentée par Ridha Belhadj, a indiqué un communiqué du parti publié sur sa page officielle sur Facebook.

“Compte tenu des actions engagées par Ridha Belhadj et de ses positions unilatérales sans consulter la direction du parti et ses différentes structures, nous avons décidé de convoquer une réunion urgente de l’Instance constitutive, en présence des représentants des régions”, ajoute le communiqué. Et de préciser qu’il sera procédé à l’examen des derniers développements au niveau du parti et sur la scène nationale.

Le communiqué est signé par Nacer Chouikh, Tarak Chaabouni, Slaheddine Ben Frej, Khémaies Ksila, Amel Jebali, Ridha Jaber et Mohamed Faouzi Maouia.

Vers un retour à Nidaa Tounes?

Ridha Belhadj, a déclaré, mercredi, que des consultations avancées sont actuellement en cours pour réintégrer le mouvement Nidaa Tounes.

Et d’ajouter “le mouvement se concerte avec plusieurs personnalités politiques ayant démissionné du parti Nidaa afin de le réintégrer”.

Ancien dirigeant de ‘”Nidaa Tounes” et directeur du cabinet de l’ancien président de la République jusqu’à février 2016, Belhadj a estimé que “la restructuration du mouvement Nidaa Tounes pourrait l’aider à retrouver sa force et rééquilibrer la scène politique”.

S’agissant de l’avenir de son parti qu’il avait créé avec nombre de démissionnaires de Nidaa Tounes, Belhadj a indiqué que certains de ses dirigeants ont procédé à des concertations pour réintégrer les structures du mouvement Nidaa Tounes et examiner la possibilité d’une alliance entre “la Tunisie d’abord”, Nidaa Tounes et plusieurs partis progressistes dans la perspective de former un front centriste démocrate.

Belhadj avait rencontré, au début de semaine dernière, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour la première fois depuis sa démission de son poste de directeur du cabinet présidentiel.

Rétablir le dialogue avec les dissidents de Nidaa Tounes (La Tunisie d’abord et le mouvement Machrou Tounes) constitue l’un des principaux points de divergence entre l’Instance politique et le bureau exécutif du mouvement.

Mohsen Marzouk pour une “alliance” avec Nidaa Tounes

Pour sa part, le secrétaire général du mouvement “Machrou Tounes”, Mohsen Marzouk, a déclaré que son parti “est ouvert à tous les courants” au sein de Nidaa Tounes “pour une alliance et non pour une fusion”.

Mohsen Marzouk a précisé que son parti a entamé, depuis plus d’un an, des concertations “pour la formation d’une alliance rassemblant les forces démocrates”.

Cette question ne date pas d’hier et n’a aucun rapport ni avec la crise actuelle au sein de Nidaa Tounes, ni avec le conflit qui oppose le chef du gouvernement, Youssef Chahed, au directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi, a-t-il dit.

Nidaa Tounes a connu un mouvement de dissidence après l’élection en 2014 de son fondateur Béji Caïd Essebsi en tant que président de la République. Plusieurs partis ont été créés par des anciens dirigeants du mouvement dont notamment le mouvement Bani Watani (Said Aidi), Al Mostakbal (Tahar Ben Hassine), Machrou Tounes (Mohsen Marzouk) et le mouvement La Tunisie d’abord (Ridha Belhadj).

Au sujet de la crise politique que traverse le pays, Mohsen Marzouk a déclaré qu’il y a, aujourd’hui, “unanimité sur l’échec du gouvernement et de son chef” qui, a-t-il dit, avait lui-même convenu de la nécessité de procéder à un remaniement.

Mohsen Marzouk a estimé que les divergences “ne peuvent être réduites au seul différend qui oppose Youssef Chahed à Hafedh Caïd Essebsi”, mais plutôt en un désaccord sur la question d’un remaniement partiel ou total du gouvernement

Il a rappelé que le président de la République avait proposé une solution pour surmonter la crise : soit la démission du chef du gouvernement, soit le renouvellement de la confiance au gouvernement.
Et d’ajouter: si aucune issue n’a été trouvée à la crise politique actuelle, la seule solution serait le recours à la Constitution.

Il a, par ailleurs, estimé que “la campagne organisée” contre le président de la République profitera au mouvement Ennahdha et à son président, et contribuera à “l’approfondissement du déséquilibre politique dans le pays”.

A la question si Youssef Chahed pourrait conduire le mouvement démocratique au cours de la prochaine période, Marzouk a déclaré que son parti “est ouvert à tous”. Mais, a-t-il ajouté, Chahed doit d’abord “proposer une alternative politique” sur la base d’une vision “démocratique moderniste”.

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