MAGHREB
04/11/2015 11h:18 CET

Tunisie: Des députés de Nidaa Tounes suspendent leur adhésion au parti

twitter/albawsala
In this photo taken Saturday, Nov. 15, 2014, thousands of supporters of the Nidaa Tounes party led by Beji Caid Essebsi attend an electoral meeting in Tunis, Tunisia. The presidential campaign, featuring 25 competitors, kicked off in early November and it's the first time since Tunisians overthrew dictator Zine El Abidine Ben Ali in 2011 that they will choose their head of state through universal suffrage. If no candidate wins a majority Nov. 23, there will be a runoff between the top two vote-g

Une trentaine de députés du bloc parlementaire de Nidaa Tounes ont annoncé mercredi suspendre leur adhésion au parti dans l'attente d'une réunion du bureau exécutif le 12 novembre qui doit tenter de résoudre la profonde crise au sein de la première force politique de Tunisie.

Affaibli par le départ de Béji Caïd Essebsi, 88 ans, premier président démocratiquement élu, le parti est miné depuis des mois par une "bataille de succession" qui oppose principalement son secrétaire général, Mohsen Marzouk, au fils du chef de l'Etat, Hafedh Caïd Essebsi.

La situation est arrivée à un point de non retour à l'occasion de la réunion du Bureau Exécutif du parti Nidaa Tounes ce dimanche à Hammamet, où des affrontements violents, des échanges d'insultes et des accusations ont été constatés dans l'hôtel où devait se tenir le meeting.

Dans un communiqué diffusé lors d'une conférence de presse à Tunis, une trentaine de députés proches de M. Marzouk ont indiqué suspendre leur adhésion à Nidaa Tounes, formation hétéroclite créée en 2012 et composée aussi bien de personnalités de gauche et de centre droit que d'anciens dignitaires du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Légende: Communiqué diffusé par Khawla Ben Aicha, député Nidaa Tounes

Ils ont menacé de démissionner et "de quitter le bloc parlementaire" du parti, fort actuellement 86 membres, "en l'absence d'amélioration de la situation". "Nous ne cherchons pas à diviser le parti et nous n'appartenons à aucune personne", a proclamé Abeda Kéfi.

Cet avocat, également président de la commission des législations au Parlement, a toutefois dénoncé "une volonté de mener un putsch" au sein du clan de Hafedh Caïd Essebsi. "Le parti est incapable de se réunir, ses structures sont en panne".

Face à ces accusations, le député Khemais Ksila a nié l'implication de M. Caïd Essebsi, rapporte l'agence TAP. Il a en outre attribué la responsabilité de ces évènements à Mohamed Ennaceur, président du parti et à Mohsen Marzouk, secrétaire général.

Cette crise menace de parasiter l'action du gouvernement de Habib Essid, un indépendant, entré en fonctions après les élections de fin 2014.

Si la Tunisie a réussi sa transition politique née de la révolution de 2011, elle peine à faire redémarrer son économie, et M. Essid et son équipe font l'objet de vives critiques face au manque de résultats.

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