ALGÉRIE
08/04/2019 10h:17 CET

Netanyahou aura un "vrai problème" s’il annexe la Cisjordanie (responsable palestinien)

En mai 2014, le ministre israélien de l’Habitat Uri Ariel a prédit que le nombre de colons israéliens en Cisjordanie atteindrait 550.000 ou 600.000 en 2019, contre 400.000 au moment de cette déclaration. Ces prévisions n’incluaient pas les colonies de Jérusalem-Est dont la population se situait entre 300,000 et 350,000 personnes en 2014, d’après ce responsable israélien, partisan d’une colonisation étendue.

ASSOCIATED PRESS

Benyamin Netanyahou sera confronté à “un véritable problème” s’il tient sa promesse d’annexer à l’Etat d’Israël les colonies israéliennes de Cisjordanie, a estimé, hier, le ministre des Affaires étrangères palestinien Riadh Al Maliki, dans une déclaration à Associated Press (AP).

Le chef de la diplomatie palestinienne, qui s’exprimait en marge d’un forum économique mondial organisé en Jordanie, a assuré que les Palestiniens “résisteront” à une telle politique si elle est mise en œuvre. Il a affirmé que l’Etat d’Israël ne pourra pas expulser les Palestiniens de Cisjordanie et que ces derniers y “resteront”.

Sous entendant probablement qu’il ne s’agit que d’une vaine promesse électorale, Riadh El Maliki a ajouté que le Premier ministre israélien, en la faisant, entendait mobiliser la base électorale nationaliste à la veille des législatives du 9 avril 2019. Il a accusé l’administration américaine d’encourager le gouvernement israélien à poursuivre sa politique expansionniste en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu et, plus récemment, en reconnaissant l’annexion du Golan syrien.

 

Netanyahou est pour une paix… sans décolonisation

Pour rappel, samedi dernier, Benyamin Netanyahou avait déclaré, dans un entretien à une chaîne de télévision israélienne, que s’il était réélu, il annexerait les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sans distinction entre les grandes et les petites colonies isolées.

La veille de cette déclaration, le Premier ministre israélien avait affirmé, dans un entretien accordé à une autre chaîne de télévision israélienne, avoir informé le président américain Donald Trump que la mise en œuvre d’un plan de paix avec les Palestiniens ne signifiera jamais l’évacuation “ne serait-ce que d’une seule colonie” de Cisjordanie. Il avait ajouté que si ce plan de paix propose leur évacuation “Israël refusera d’y souscrire”.

 

Entre 500 mille et 600 mille colons en Cisjordanie

Depuis l’occupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne en 1967, l’Etat hébreu n’a cessé d’y construire des colonies en violation de la légalité internationale pour laquelle ce territoire est un territoire palestinien sous occupation et ces colonies sont, par conséquent, illégales.

En mai 2014, dans une déclaration à une radio de Tel Aviv, le ministre israélien de l’Habitat Uri Ariel, un ultraconservateur, avait prédit que le nombre de colons israéliens en Cisjordanie atteindrait 550.000 ou 600.000 en 2019, contre 400.000 au moment où il faisait cette déclaration. Ces prévisions n’incluaient pas les colonies de Jérusalem-Est dont la population se situait entre 300,000 et 350,000 personnes en 2014 d’après ce responsable israélien, partisan d’une colonisation étendue et rapide.

Les accords d’Oslo signés en 1993, par lesquels l’Autorité nationale palestinienne a été créée, n’ont jamais arrêté ni même ralenti la colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés. Le nombre de colons israéliens, qui, en 1993, était de 281.800 (chiffres publiés par The Foudantion for Middle East Peace), est passé à 636.452 fin 2016, selon le Bureau Palestinien des Statistiques.

Des statistiques rapportées par le Centre Israélien d’information sur les droits humains dans les territoires occupés indiquent qu’en 2017, le taux de croissance de la population des colons, à l’exclusion de ceux de Jérusalem-Est, était de 1.75 fois plus élevé que le taux de croissance moyen de la population israélienne.