ALGÉRIE
02/06/2018 13h:06 CET

"Ness El Khir": quand le Ramadhan rime engagement et solidarité

Un quota des repas préparés est acheminé par les bénévoles vers les catégories nécessiteuses qui ne peuvent pas se déplacer

Facebook/ Ness el Khir

L’avènement du Ramadhan est, pour la Fondation de jeunes “Ness El Khir”, synonyme de mobilisation renouvelée en faveur de l’action bénévole et caritative, en s’appuyant sur une “armée” de jeunes volontaires, tous mus par le don de soi, la générosité et le dévouement.

En plus de leur forte et remarquable présence, durant les deux premières semaines de ce mois sacré, dans les grandes surfaces et marchés, les “brigades” “Ness El Khir” se sont illustrées cette année par l’organisation d’une grande Kheima au niveau de la Place E Kittani à Bab El Oued, et qui se transforme à l’approche de l’heure de l’Iftar, à la faveur de l’invitation “Aji Teftar” (venez partager un Iftar), en un rendez-vous festif pour des gens de passage, des habitants du quartier, des familles démunies et nécessiteuses et parfois même pour des touristes, venus partager une expérience humaine hors du commun.

Le choix a été porté sur ce site, dira le Secrétaire général de “Ness El Khir”, Mohamed Mounir Kourbi, d’accueillir les gens dans le respect des valeurs d’hospitalité ancrées dans le legs et les traditions de la société algérienne et de les recevoir en tant qu’invités et non nécessiteux.

Précisant que beaucoup de ces “invités” donnent un coup de main à l’organisation et au nettoyage aussi bien avant qu’après le Ftour, M. Kourbi a déclaré que “ces dernières années, nombreux sont les jeunes qui sont passés d’“invités” aux repas collectifs à membres actifs et cadres au sein de la Fondation”.

“Le Ramadhan est une occasion pour le renouvellement de la mobilisation en faveur de l’action bénévole et caritative, grâce aux différents projets programmés chaque année”, a-t-il ajouté.

La Kheima de l’Iftar, d’une capacité de 1000 personnes, s’inscrit dans le cadre de la 8ème édition du programme spécial Ramadhan “Rana h’na” (nous sommes là), qui a trouvé un “très bon écho” auprès des différentes institutions officielles et plusieurs opérateurs économiques pour offrir des repas riches et variés préparés par un cuisinier professionnel.

Très calme la matinée, la Kheima se transforme, au fil des heures, en véritable ruche où s’activent les “brigades” avec beaucoup de professionnalisme pour accueillir, comme chaque jour depuis le début du Ramadhan “près de 900 personnes”, entre sans abris, démunis, gens de passage, travailleurs des chantiers de bâtiment, étudiants, migrants de différentes nationalités africaines et arabes, et même des touristes européens, attirés par la curiosité et l’ambiance fraternelle. A tout ce monde s’ajoutent des familles qui préparent leurs repas et viennent le partager avec d’autres.

En plus un quota des repas préparés est acheminé par les bénévoles vers les catégories nécessiteuses qui ne peuvent faire le déplacement, a-t-on encore précisé.

Louée pour “environ 300 millions de centimes”, dont la moitié est prise en charge par une société privée et l’autre grâce aux bienfaiteurs, la Kheima de “Ness El Khir” est approvisionnée par les dons collectés à travers les grandes surfaces et marchés de gros et même auprès des entreprises de l’agroalimentaire. Quotidiennement, 300 bénévoles sont mobilisés pour les opérations de collecte de dons, de préparation et distribution des repas et de nettoyage, et l’intervention de chaque équipe est orchestrée de manière précise et méthodique.

La Kheima de l’Iftar a reçu plusieurs personnalités nationales à l’instar du président du réseau Nada, Abderrahmane Arrar, et d’autres sont attendues comme le président de la Fondation Emir Abdelkader, le moudjahid Lakhdar Bouragaa ainsi que des figures sportives comme le sélectionneur national Rabah Madjer et l’ancien joueur Amar Amor.

Par ailleurs, la Fondation “Ness El Khir” a initié le programme “Khir Rabi” (les biens d’Allah) à travers la distribution de 5.000 couffins de plus de 7.000 DA de produits alimentaires.

Depuis le début du mois sacré, quelque 1.000 couffins ont été distribués dans les communes d’Alger alors que le reste est destiné aux différentes régions du pays à partir de trois points de distribution, à Oran, Biskra et Annaba.

Une convention signée avec la start-up de transport “Tem Tem” permet l’acheminement des dons, en utilisant une application intelligente, vers les points de ralliement.

Pour la deuxième moitié du mois, la Fondation a programmé également une opération de circoncision au profit de 200 garçons de familles démunies au niveau de la capitale et de 50 autres de chacune des quatre régions du pays alors que les préparatifs vont bon train pour l’opération de distribution de vêtements d’enfants à l’occasion de l’Aïd El Fitr.

 

Mettre à profit le potentiel de la jeunesse  

Depuis sa création, il y a 8 ans, la Fondation “Ness El Khir” s’emploie à la consécration du principe de professionnalisme de la société civile à travers la promotion de son action en tant qu’acteur de la société civile, l’adoption du professionnalisme dans l’élaboration de ses programmes, la présence sur le terrain et la coordination avec les différents partenaires en matière d’humanitaire, d’environnement et de social, tout au long de l’année.

Le président de “Ness El Khir”, Tarek Zerrouki, également et l’un de ses fondateurs a expliqué que tout a commencé par un groupe de jeunes sur les réseaux sociaux, dont la première action de solidarité a été l’affaire de la vieille dame “El-Hadja Rahma” de la wilaya de Laghouat, et dont le nom est désormais celui du programme humanitaire de la Fondation.

Suite à l’écho de cette affaire, les jeunes ont convenu de poursuivre leur action de solidarité sous l’appellation de “Ness El Khir”, puisé dans le legs social, avec un slogan, un organigramme et un programme d’action pour 2010, a-t-il ajouté rappelant que la première action d’envergure a été l’opération de volontariat pour le nettoyage des plages tout le long du littoral national, à la faveur de “Blue Day” (la journée bleue).

S’appuyant sur la Constitution qui stipule que le bénévolat est un droit consacré par la loi, “Ness El Khir” est devenue en 2016 une Fondation légale à caractère caritatif  et a gagné en professionnalisme. Désormais, son action fait appel au sponsoring et au partenariat avec des opérateurs économiques.

Constituée d’une Direction générale chapotant sept Sous-directions animées par des groupes de travail spécialisés qui se réunissent périodiquement au nouveau siège social à Ben Aknoun, la Fondation compte trois programmes d’action, à savoir humanitaire “Rahma”, de protection de l’environnement “Blue Day” et social “Chaabi”. Des programmes qui traduisent sa ligne de conduite et constituent le cadre général pour tout bénévole désirant rejoindre le Fondation, qui dit “se démarquer de toute personne activant en dehors de ce cadre”.

S’appuyant largement sur les réseaux sociaux, “Ness El Khir” possède 48 pages web à travers l’ensemble du territoire national et compte plus d’un (1) million de bénévoles et d’adhérents, dont 90% âgés entre 15 et 35 ans.

Après le mois de Ramadhan, la Fondation, très active tout au long de l’année, lancera l’opération “Blue Day” et des actions sont d’ores et déjà en préparation en prévision de la prochaine rentrée sociale et de l’Aïd Al-Adha.

Les responsables de “Ness El Khir” souhaitent impliquer les jeunes cadres au sein d’instances officielles de la société civile dans l’élaboration d’une vision et d’une stratégie d’avenir pour promouvoir les différents secteurs dans le pays, bénéficier de plus de facilités au niveau administratif et voir les entreprises publiques s’engager davantage dans leurs actions. Ils ont affirmé œuvrer à mettre leurs actions de bénévolat à l’abri de toute instrumentalisation politique, soutenant que “l’Algérie est leur seule et unique appartenance”.

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