MAROC
26/08/2019 18h:20 CET

Nasser Zefzafi et 5 autres détenus demandent la déchéance de la nationalité marocaine

Ils affirment leur volonté de “renoncer à la nationalité marocaine" et en appellent à la communauté internationale.

Youssef Boudlal / Reuters

SOCIÉTÉ - Quelques heures après la publication d’une mise au point de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), concernant “les allégations de torture et de mauvais traitement, véhiculées sur les réseaux sociaux par les familles de détenus dans le cadre des événements d’Al Hoceima”, le père de Nasser Zefzafi fait une annonce inattendue. Dans une vidéo live diffusée sur son compte Facebook, ce vendredi 23 août, Ahmed Zefzafi dévoile le contenu d’une lettre dans laquelle Nasser et 5 de ses co-détenus demandent à être déchus de leur nationalité marocaine.

Dénonçant “l’instrumentalisation de la justice”, les signataires de la lettre, Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim El Boustati, Samir Ighid, Mohamed El Haki et Zakaria Adechour, se trouvent actuellement à la prison de Ras El Maa à Fès, après avoir été transférés depuis le centre de Oukacha à Casablanca suite à la confirmation de leurs peines en appel en avril dernier.

Ils affirment d’une part leur volonté de “renoncer à la nationalité marocaine et de rompre le lien d’allégeance” avec le trône à partir de la date de rédaction de cette lettre. Les 6 détenus tiennent également l’Etat marocain pleinement responsable de toute atteinte à leur intégrité physique où morale à compter de cette date, avant d’interpeller la communauté internationale sur leur sort.

Habitué à faire des sorties vidéo sur les réseaux sociaux, le père de Nasser Zefzafi s’adresse cette fois-ci au souverain, au nom des familles des détenus du centre pénitentiaire de Ras El Maa afin de demander la sollicitude royale comme dernier recours. 

Pour rappel, Nasser Zefzafi a écopé d’une peine de 20 ans de prison ferme pour “complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’État”. Ancien chômeur de 39 ans originaire du Rif, il est devenu leader du mouvement du “Hirak” né en octobre 2016 suite au décès d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en tentant d’empêcher la saisie de sa marchandise.