MAROC
18/04/2019 10h:14 CET

Nasser Bourita: "Le Maroc suit avec une grande inquiétude la situation en Libye"

25.000 personnes sont déplacées dans le pays à cause des affrontements.

LIBYE - Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI), Nasser Bourita, a réitéré, mercredi 17 avril à Rabat, l’appel du Maroc à toutes les parties libyennes à “privilégier l’intérêt suprême et à adhérer sérieusement au processus politique”.

“Le Maroc suit avec une grande inquiétude la situation en Libye, notamment à la lumière de l’escalade militaire à l’entrée de la capitale Tripoli et les conséquences qui peuvent en découler en termes de tragédies humaines et son impact sur la stabilité dans ce pays du Maghreb”, a indiqué M. Bourita dans une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens avec M. Jumaa al-Qamati, envoyé personnel du chef du Gouvernement d’union nationale en Libye, Fayez el-Sarraj. 

Pour le Maroc, a poursuivi le ministre, “l’option militaire ne peut que compliquer davantage la situation en Libye et affecter la stabilité et la sécurité des citoyens”, notant que le royaume considère que le processus politique constitue la meilleure solution à la crise libyenne. De ce fait, a-t-il insisté, “le dialogue demeure la voie idéale pour traiter toutes les questions entre les différentes parties libyennes”.

Nasser Bourita a relevé, par ailleurs, que la stabilité de la Libye ainsi que la préservation de son intégrité territoriale et la sécurité de ses citoyens ont toujours été une priorité pour le roi Mohammed VI, et ont motivé toutes les initiatives du Maroc visant à rapprocher les points de vue et à favoriser la signature de l’accord de Skhirat, le seul aujourd’hui qui fait l’unanimité de tous les Libyens et considéré par le Conseil de sécurité et la communauté internationale comme plate-forme vers une transition démocratique et fluide dans ce pays maghrébin.

L’ONU débloque 2 millions de dollars

Mercredi soir, l’Organisation des Nations unies (ONU) a annoncé avoir débloqué deux millions de dollars de son Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) afin de venir en aide aux civils pris dans les violents combats qui font rage en Libye, notamment à Tripoli et ses environs.

Les fonds débloqués permettront de fournir “une assistance vitale aux civils victimes de l’intensification des combats en Libye, y compris les migrants vulnérables et les réfugiés”, a indiqué l’ONU.

“Libye: l’escalade récente de la violence à Tripoli a provoqué le déplacement de 25.000 personnes. Les civils ne sont pas une cible”

“Je suis profondément préoccupé par l’escalade des combats en Libye. Au cours des dernières 24 heures, Tripoli a été le théâtre de la pire violence à l’égard des civils depuis 2014, plusieurs quartiers densément peuplés étant frappés par des bombardements aveugles”, a déclaré le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence des Nations-Unies, Mark Lowcock.

L’impact des armes explosives dans les zones peuplées est dévastateur, a-t-il dit, exhortant “les parties à s’abstenir d’utiliser des armes qui mettent davantage de vies civiles et d’infrastructure en danger”, indique un communiqué de l’organisation.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 4.500 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile mardi, portant le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur du pays à 25.000.