MAROC
09/11/2018 14h:40 CET

Nadia Larguet remporte un procès contre l'Office national marocain du tourisme

Pour une question de droits d'auteur.

Luca Coassin

JUSTICE - Une condamnation qui serait une première au Maroc. L’ancienne présentatrice de 2M et productrice Nadia Larguet a remporté le procès qui l’opposait à l’Office national marocain du tourisme (ONMT). Elle accusait l’organisme du tourisme de l’avoir “doublée” en proposant une idée à la chaîne M6 qu’elle avait elle-même développée. 

“J’ai proposé des capsules, en collaboration avec la chaîne M6, sur des personnes qui ne sont pas forcément marocaines, nées au Maroc ou ayant un lien très fort avec le Maroc” explique la productrice au HuffPost Maroc.

“Je trouvais intéressant de les faire réagir. C’était aussi pour se différencier de ce qui a déjà été fait par la chaîne TF1 qui, elle, diffusait des capsules avec des Marocains habitant au royaume. Aussi, à l’époque, je sortais de ‘Diasporama’ (émission diffusée sur 2M et dédiée aux personnalités de la diaspora marocaine, ndlr), donc pour moi c’était une suite logique à ce projet”.

Après quelques années de développement avec l’ONMT, marquées notamment par des changements de direction au niveau de l’organisme, l’office cesse le contact avec Nadia Larguet. “On a eu deux ou trois années de suivi du dossier, j’ai réalisé la maquette, j’ai pris des rendez-vous, fait un premier tournage, etc. Ensuite il y a eu une année avec un grand temps mort et l’ONMT a par la suite disparu des radars”. C’est finalement en regardant la chaîne M6 qu’elle découvre une capsule similaire à son idée sur les écrans...

“J’ai essayé de contacter l’ONMT plusieurs fois sans réponse. Le projet avait finalement été confié à la société de production ‘Electron Libre’ qui appartient au groupe Lagardère”, nous confie-t-elle.

L’ONMT condamné

C’est alors que démarre une action judiciaire qui donnera lieu à la condamnation, le 5 mai 2017, de l’ONMT par le tribunal administratif de Rabat. Un jugement ensuite confirmé par la cour d’appel administrative de Rabat le 21 juin dernier.

L’ONMT qui, selon Nadia Larguet, a reconnu sa faute, doit désormais verser 300.000 dirhams à la productrice. Pour elle, cette condamnation n’est pas une question d’argent mais de respect des droits d’auteur. “Le plus important est de montrer que les gens peuvent aller jusqu’au bout d’une démarche s’ils pensent avoir été lésés”, déclare-t-elle.

“S’ils sont capables de faire ça à quelqu’un comme moi, qui suis une personnalité publique et qui a la possibilité d’en parler, je crains le pire quand il s’agit d’anonymes qui viennent proposer leurs projets”, déplore la productrice. ”Le plus important c’est que les gens retiennent qu’un organisme a été condamné pour une question de droits d’auteur” conclut-elle. 

Contacté par le HuffPost Maroc, l’ONMT n’a pas donné suite à nos sollicitations.