ALGÉRIE
16/10/2019 15h:08 CET | Actualisé 16/10/2019 15h:16 CET

Nabni propose 50 propositions pour mettre fin au système autoritaire

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Nabni appelle à un débat national autour de la revendication “yetnahaw ga3”, exprimée par le peuple depuis le 22 février.

Pour se faire, Nabni a présenté lors de la conférence de presse tenue à Alger, Mardi 15 septembre, cinquante mesures contenues dans un document intitulé “changements fondamentaux pour mettre fin au système autoritaire et réaliser la promesse de démocratique”

Tout en insistant sur la nécessité de préserver le caractère pacifique de la contestation populaire et de ne pas ébranler la stabilité de l’Etat, pour Nabni  “il sera déterminant pour la réussite de cette révolution citoyenne que la mobilisation se poursuive jusqu’à ce que soit atteint cet objectif de départ du système, soit le démantèlement des cinquante fondements clés du système patrimonial et prédateur.”

“déconstruction du système”

Les propositions ne se limitent pas à demander le départ des figures de l’ancien pouvoir, mais elle appelle surtout à la « déconstruction du système » pour l’empêcher de se régénérer. «Ni une élection présidentielle, aussi libre et ouverte soit-elle, ni une nouvelle Constitution, aussi démocratique soit-elle, ne suffiront seules à ébranler les fondements du système. Seul le démantèlement de ses éléments constitutifs nous préservera d’un retour à l’avant-22 février. », a affirmé le porte-parole de Nabni, Abdelkrim Boudra.  

Pour y parvenir le Think Thank algérien propose de s’attaquer aux trois piliers fondamentaux du régime autoritaire, à savoir « le pouvoir de nomination sans contrôle ni redevabilité », « la répression des libertés » et « l’opacité », et à ses cinq corollaires qui usent de ses trois leviers afin de contrôler la vie politique, sociale et économique du pays.

Parmi les  cinquante propositions formulées dans le document, Nabni préconise “l‘ouverture des espaces politiques, associatifs, syndicaux et citoyens”, en clair, le Think Thank veut “réduire le pouvoir de nomination de l’Exécutif pour les responsables d’institutions garantes des libertés individuelles et collectives”, mais également garantir les libertés individuelles et collectives, comme “les libertés de la presse, d’association, de réunion et d’activités politique des partis politiques et du mouvement associatif”

Au chapitre des propositions touchant l’appareil sécuritaire et policier, Nabni propose de “transférer le pouvoir de nomination des hauts responsables sécuritaires à la sphère civile” et de “garantir les libertés individuelles et collectives en éloignant l’appareil sécuritaire des affaires politiques et civiles” “les forces de l’ordre à caractère de police judiciaire seront mis sous l’autorité des juges d’instruction relevant du pouvoir judiciaire », explique Abdelkrim Boudra.

Pour faire face à “l’opacité qui touche le fonctionnement de la défense nationale”, Nabni juge important de réduire cette opacité qui entoure l’institution militaire et préconise “L’audition annuelle du Ministère la Défense, celles du Chef d’etat major et des dirigeants des grands corps de sécurité par les commissions compétentes de l’APN.”       

Le collectif a décidé d’entamer prochainement une série de publications et de rencontres pour expliquer et détailler les mesures proposées, afin de contribuer à ce qu’une vision consensuelle sur les objectifs de la transition démocratique, se dégage.