TUNISIE
13/10/2019 22h:16 CET

Nabil Karoui: "Il faut nous interroger sur ce qui aurait pu se passer si je n’avais pas été injustement emprisonné”

Le candidat donné largement perdant du second tour affirme que 48h de campagne n'ont pas été suffisants pour rattraper son retard: "La partie ne fait que commencer" assure-t-il.

Zoubeir Souissi / Reuters

Le candidat à l’élection présidentielle, donné largement perdant au second tour par les instituts de sondage, Nabil Karoui a regretté, dimanche, que l’égalité des chances n’ait pas été respecté pendant la campagne électorale.

“J’aurais souhaité que mon pays passe par des élections libres et impartiales mais ce qui s’est passé lors de l’élection présidentielle depuis le début était très loin de ce souhait” a-t-il débuté faisant référence à son incarcération qu’il juge “injuste” et “inique”.

“Vous savez tous ce qui s’est passé et il faut nous interroger sur ce qui aurait pu se passer si je n’avais pas été injustement emprisonné” a-t-il poursuivi citant notamment les tentatives pour l’exclure à la course à la présidentielle et le harcèlement subit depuis l’annonce de sa candidature.

“J’ai été injustement empêché de mener ma campagne et où l’égalité des chances n’a pas été respectée parce qu’une campagne électorale, ce n’est pas seulement des voix dans des urnes, c’est un candidat qui va explique ses idées, son programme et qui discute avec le peuple. J’ai été privé de tout cela en tant que candidat à la présidentielle mais aussi en tant que président de parti pour les législatives” dit-il.

“L’égalité des chances, surtout pour le second tour, ne peut être mise en oeuvre avec des apparitions médiatiques pendant 48 heures, mais je n’ai pas eu peur, j’ai avancé malgré les conditions physiques et morales dans lesquelles je me trouvais (...) L’autre candidat a pu rencontrer les membres de sa campagne, les personnalités politiques, les organisations nationales, leur présenter son projet, ses idées. Un candidat en prison ne peut rien faire de tout cela, à part regarder comment les gens montent de faux dossiers et de fausses accusations sur lui” déplore Nabil Karoui ajoutant qu’il ne laissera pas tomber son combat: “J’ai un projet pour les Tunisiens, pour les pauvres et je leur ai fait des promesses. Je leur ai ouvert mon coeur en toute sincérité, c’est pour cela qu’ils avaient confiance en moi. Notre chemin continue. Nous sommes aujourd’hui, le deuxième bloc parlementaire, nous pèserons de tout notre poids pour nos idées et pour les plus d’un million de personnes qui ont voté pour nous”.

“Nous allons maintenant réfléchir sur ce que nous allons faire. Vous le savez aujourd’hui, les résultats annoncés sont ceux des instituts de sondage. Nous attendrons les résultats de l’ISIE avant de vous dire ce que nous ferons par la suite” a-t-il promis.

Interrogé sur le grand écart annoncé entre lui et Kais Saied, Nabil Karoui affirme qu’ “à ce jour, certaines personnes pensent que je suis pas encore sorti de prison (...) Je n’ai eu que 48 heures pour faire ma campagne, trop peu, trop tard. L’écart était trop difficile a rattraper” dit-il avant de continuer: “Nous ne sommes pas de mauvais perdants mais on se défend parce qu’il ne faut pas que cela fasse jurisprudence. Il sera alors facile de jeter ses adversaires politiques en prison quand ils seront devant nous dans les sondages”.

Quant à la possibilité de retourner en prison maintenant que le scrutin touche à sa fin, Nabil Karoui n’y croit pas: “La Cour de cassation a jugé illégale mon arrestation mais dans ce pays tout est possible. On se défendra. Je n’ai jamais fui, je me suis présenté devant le juge, je respecte la justice”.

Quant à son programme des prochains jour, le président du parti 9alb Tounes affirme vouloir prendre le temps pour “digérer ces 49 jours de prison avec ce qui s’est passé comme charge émotionnelle lors de cette campagne électorale”.

“Je suis peut-être un cas unique dans le monde. Il va falloir que je respire, que je prenne du recul. La partie ne fait que commencer” a-t-il conclu.

Le candidat à l’élection présidentielle Nabil Karoui a récolté moins de 30% des voix de ce second tour selon les instituts de sondage. Son adversaire, le candidat indépendant Kais Saied serait donc le prochain président de la République.

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