MAROC
09/11/2018 15h:01 CET

Nabil Ayouch propose un court-métrage inédit sur Arte

L'histoire d’un jeune migrant camerounais, Eric Tomnyuy Fontayahqui, appelé “Salvador".

AFP

MIGRATION - Le réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch sera dans l’émission “Square Artiste” d’Arte, samedi 24 novembre (00h50).

“Carte blanche au réalisateur Nabil Ayouch”. L’émission d’Arte invite écrivains, cinéastes, peintres, musiciens ou encore comédiens à raconter une histoire, dresser le portrait d’un témoin d’aujourd’hui au travers d’un film. Pour son passage, Nabil Ayouch présentera “On l’appelle Salvador”, l’histoire d’un jeune migrant camerounais, Eric Tomnyuy Fontayahqui, appelé “Salvador”, qui habite au Maroc depuis trois ans.

“J’ai rencontré Salvador par hasard. Un ami l’a invité à un de mes anniversaires. Il m’a offert un tableau représentant des fourmis qui escaladent une montagne. J’ai été touché par le geste, et la signification du tableau”, raconte au HuffPost Maroc le réalisateur.

L’histoire d’une autre migration

A la suite de cette rencontre, Salvador et Nabil Ayouch se revoient. L’occasion pour le Camerounais de lui raconter son parcours et pour le réalisateur, de comprendre sa façon de voir les choses.

“Pour tous les migrants, l’Eden se trouve en Europe”, souligne Nabil Ayouch. C’est là-bas que Salvador comptait aller quand il a quitté le Cameroun. Il a traversé la Guinée, le Nigeria, le Niger et, l’Algérie pour atteindre ce nouveau continent. Mais il a finalement choisi de rester au Maroc. Durant son long “voyage”, il a changé d’avis. “L’Europe n’était plus pour lui, mais en Afrique, il avait des choses à construire. Il a décidé de rester au Maroc et il s’est mis à peindre”, ajoute le réalisateur. “J’ai été marqué par cette façon de voir les choses”.

Nabil Ayouch se dit profondément touché par la situation des migrants. Ces naufrages, périples dangereux, le mauvais accueil réservé à certains une fois qu’ils ont réussi à gagner l’Europe. “Mais c’est beau de rencontrer des gens qui ont d’autres rêves. Un ami de Salvador, Bouba, m’a dit une phrase qui m’a particulièrement touché: ‘Il faut s’aimer très peu pour prendre autant de risques. Nous, on a décidé de s’aimer’”.

L’émission “Square Artiste”, consacrée à Nabil Ayouch, sera disponible en replay. En attendant, jusqu’au 13 novembre, le réalisateur est parrain du festival Cinéma et Droits humains d’Amnesty International et président de son jury courts-métrages. Il prépare également son prochain long-métrage, un film sur la communauté hip hop au Maroc baptisé “Positive School”