MAROC
17/11/2018 11h:35 CET

"Mra Hachak", la vidéo poignante d'une Marocaine pour dénoncer la culture de dénigrement de la femme

1 minute et 20 secondes qui vont vous marquer.

capture d’écran

VIDÉO - À travers son court-métrage “Mra hachak”, la vidéaste Aya Moudden se penche sur un phénomène de société propre à la culture marocaine. “Mra hachak”, qui ne peut être traduit que par “la femme, sauf votre respect”, comme si parler d’une femme était une insulte, est une expression ancrée dans l’inconscient collectif souvent utilisée pour parler de choses sales, déplacées et honteuses. Une vidéo crue qui résonne comme un cri du cœur venant d’une jeune Marocaine qui réussit en 1 minute et 20 secondes à exprimer la profonde injustice que subit la femme dans la société marocaine. 

Egalité des sexes, place de la femme dans la société, héritage, violences conjugales, virginité, harcèlement, hypocrisie sociale... La jeune Rbatie de 27 ans ne mâche pas ses mots pour dénoncer le manque de considération dont souffrent les femmes.

Pur produit de l’école marocaine, ce n’est qu’après l’obtention de son baccalauréat qu’Aya se rend en Angleterre pour un bachelor en médias, communication et sociologie, suivi d’un master en film-making aux États-Unis, où elle fait ses premières armes dans le monde professionnel avant de rentrer définitivement au Maroc il y a près d’an.

“J’ai écrit le texte hier en une demie-heure, et j’ai tout monté hier. C’est une vidéo spontanée sur un coup de gueule” nous explique Aya, soulignant que “les images que l’on voit sont en réalité des plans précédemment filmés pour tester des angles pour d’autres projets”.

La jeune réalisatrice fait tout toute seule, du montage à l’écriture en passant par la voix. “Parfois, les gens ne veulent pas voir leur image circuler sur internet ou prêter leur voix à un projet, c’est pourquoi j’ai décidé de tout faire moi-même”, indique-t-elle.

Habituée à partager ses montages vidéos et ses coups de gueule sous forme de posts depuis son compte Facebook, Aya avoue qu’elle ne s’attendait pas à autant de réactions. “Jusqu’à présent, je n’ai eu que des retours positifs, mais je sais qu’à un moment les réactions négatives vont arriver” s’amuse la jeune vidéaste.