MAROC
28/05/2018 17h:45 CET

Victime d'une campagne de diffamation, Maati Mounjib en appelle à Saad-Eddine El Othmani

L'historien y voit "une nouvelle méthode de répression”.

AIC Press

DROITS DE L’HOMME - “La vie de ma famille est devenue un enfer”. L’écrivain et historien Maati Mounjib entame ainsi sa lettre adressée ce 26 mai au chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani. “J’y ai recouru parce que c’en est trop!”, confie-t-il au HuffPost Maroc. 

“Depuis 2015, ce sont à peu près 300 articles diffamatoires à mon égard me traitant de tous les mots qui ont été publiés. Et je n’ai pas vraiment fait le compte”, tient à souligner Maati Mounjib pour faire par de son ras-le-bol. Sur support papier ou électronique, ces articles représentent, pour le militant, une campagne acharnée menée contre lui. “Et il n’y a pas que moi, plusieurs activistes du mouvement du 20 février sont aussi visés de la même manière et de façon systématique. On se venge d’eux pour museler toute critique vis-à-vis du pouvoir”, estime Mounjib qui est également président de l’association “Freedom Now” (Liberté maintenant) et qui juge que la diffamation est “une nouvelle méthode de répression”. 

Dans sa lettre à El Othmani, Mounjib exprime sa souffrance et dénonce une presse instrumentalisée sans aucun lien avec les principes fondamentaux de la déontologie. Et de préciser avoir fait l’objet d’une trentaine d’articles diffamatoires au cours de ces dernières semaines, suite à un article dans lequel il a relevé “des failles” dans l’affaire du journaliste Bouachrine.  

Décrivant un véritable parcours du combattant pour saisir la justice, sans résultat à ce jour, Maati Mounjib interpelle le chef du gouvernement sur “la situation de chaos” qu’il a l’impression de vivre au Maroc. Il appelle le chef de gouvernement à écouter le citoyen qu’il est et à intervenir pour que cela cesse. “Il doit réagir! C’est un honnête homme et il ne peut pas fermer les yeux sur de telles pratiques. Elles traînent l’image du Maroc dans la boue”, s’indigne l’historien. Pour ce dernier, le débat d’idées ne doit pas céder la place aux attaques personnelles. “C’est immoral et l’Etat ne peut y être impliqué”, conclut-il. 

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