MAROC
08/10/2018 12h:32 CET

Moulay Hicham réagit à la mystérieuse disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi

Si la thèse de l'assassinat se vérifie, "il ne s'agit pas moins d’un assassinat politique sur le sol saoudien”, a-t-il tweeté.

DR

INTERNATIONAL - Dans un tweet publié hier, le prince Moulay Hicham Alaoui s’exprime sur la disparition mystérieuse de son “cher ami”, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu mardi 2 octobre après être entré au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul d’où il ne serait jamais ressorti, selon les autorités turques.

Depuis, les scénarii se multiplient. Assassinat, torture, enlèvement... Des  sources anonymes de la police turque affirment détenir des preuves qu’il aurait été assassiné sur place, déclenchant une vague mondiale de réactions, de Ryad à Washington, où était exilé le journaliste depuis 2017.

“Un citoyen saoudien, journaliste et l’un de mes chers amis, Jamal Khashoggi, est porté disparu depuis le 2 octobre. Certains disent qu’il a été cruellement torturé et assassiné par ses propres compatriotes au sein du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul. Si cela s’avère exact, il ne s’agit pas moins d’un assassinat politique sur le sol saoudien” écrit le prince sur sa page twitter, avant de poursuivre que si crime il y a, “cela viole le droit international, les droits de l’homme et les principes mêmes du droit islamique”.

Selon des sources turques à Reuters, un groupe de quinze Saoudiens a effectué un rapide aller-retour entre l’Arabie Saoudite et la Turquie le jour même où le journaliste se trouvait au consulat. “Nous pensons que le meurtre était prémédité et que le corps a été ensuite sorti du consulat”, a avancé une des sources à l’agence de presse britannique.

Pour Moulay Hicham, le gouvernement saoudien “doit faire la lumière sur les circonstances et traduire ses présumés assassins en justice. S’il refuse de le faire, il porte l’entière responsabilité de cet acte de sauvagerie barbare et non qualifiable”, écrit-il encore. 

Un cadre du Parti AKP au pouvoir, Yasin Aktay, proche de l’éditorialiste et conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan, met également en avant l’hypothèse de l’assasinat. À la chaine de télévision CNN Türk, il déclare, dimanche 7 octobre, que le journaliste a été tué. “Nous avons des informations concrètes, ce crime ne restera pas impuni”, indique-t-il.

Si pour l’heure, aucune des preuves accablantes détenues par les autorités turques n’a été rendue publique, Ryad dément catégoriquement les accusations d’assasinat par le biais de ses diplomates, de ses médias et de ses lobbyistes, précise Le Monde. “Le Royaume veille à garantir la sécurité de ses citoyens où qu’ils se trouvent”, a souligné un communiqué du consulat saoudien en Turquie, relayé par l’Agence de presse saoudienne (SPA), notant que “les autorités saoudiennes compétentes poursuivent leur enquête pour aboutir à la vérité sur cette affaire.”

Ancien rédacteur en chef de plusieurs organes de presse saoudienne, Jamal Khashoggi, autrefois proche du pouvoir, s’était exilé aux États-Unis il y a un an, après l’ascension de Mohammed Ben Salmane, cible principale de ses articles dans les colonnes du Washington Post, où il y critiquait la répression et l’autoritarisme du prince héritier, sa proximité avec le président Trump et la crise du royaume avec le Qatar. 

“Nous avons une place pour Jamal Khashoggi dans l’édition de vendredi”, a tweetÉ le prestigieux quotidien américain qui dans sa colonne opinion, a laissé un espace vide pour “la voix disparue” de l’éditorialiste.