MAROC
12/09/2019 17h:11 CET

Mort d'Imane Fadil: la famille demande une nouvelle expertise du corps

La thèse de l'empoisonnement réfutée par l'autopsie.

AP Photo/Luca Bruno, File
La jeune Marocaine Imane Fadil quitte le tribunal de Milan, en Italie, le lundi 3 octobre 2011.

ITALIE - Le mystère autour de la mort d’Imane Fadil n’est pas près d’être résolu. Alors que la justice italienne a décidé de restituer à sa famille le corps de la jeune femme, décédée le 1er mars dernier dans de mystérieuses circonstances, ses proches annoncent que ses funérailles n’auront pas lieu avant une seconde expertise, rapportentIl Giorno. Sa famille aurait été en effet peu convaincue par les résultats de la première autopsie, dont le contenu a fuité dans la presse.

Des résultats qui réfutent définitivement la thèse de l’empoisonnement, d’abord supposé par les proches de la jeune femme, favorisant la théorie d’une “aplasie médullaire”, soit un dysfonctionnement de la moelle osseuse. Pour l’instant, les causes de ce dysfonctionnement n’ont pas été éclaircies, précise la presse italienne.

Des résultats largement remis en cause par sa famille qui continue d’affirmer que l’ancien mannequin a été empoisonné: “Les membres de la famille n’ont pas l’intention de célébrer les funérailles, afin de permettre une nouvelle expertise du corps de la défunte, n’étant pas complètement satisfaits des résultats divulgués”, ont déclaré les avocats de la famille, cités par nos confrères du HuffPost Italie.

Enquête bientôt classée sans suite

Autre coup dur pour la famille: l’enquête judiciaire pourrait bientôt se terminer, préciseMilano Today. En effet, en l’absence de preuves d’empoisonnement ou d’une responsabilité médicale, l’affaire devrait être classée sans suite. 

Mannequin d’origine marocaine, Imane Fadil était un témoin clé dans l’affaire du Rubygate, scandale sexuel impliquant l’ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi. 

Cette dernière avait écrit un livre pour raconter ce qu’elle avait vu et entendu lors des soirées organisées dans la villa d’Arcore, propriété de l’ancien chef du gouvernement italien. Le titre de son livre, qui n’a pas été publié et se trouve désormais entre les mains des magistrats, était sans équivoque: “J’ai rencontré le diable”. L’ancien Premier ministre italien a pour sa part indiqué n’avoir jamais rencontré la jeune femme.

Son décès en mars dernier a aussi pris des airs d’incidents diplomatiques quand la journaliste et ancienne députée italienne d’origine marocaine Souad Sbai a réaffirmé, dimanche 31 mars dans l’émission “Non è l’Arena”, diffusée sur la chaîne télévisée italienne La7, qu’elle pense que l’ambassadeur du Maroc en Italie, Hassan Abouyoub, a quelque chose à voir dans cette affaire.

Le 18 mars, l’ambassade du Maroc en Italie a démenti les allégations portées à son encontre par Souad Sbai, annonçant avoir déposé une plainte contre l’ancienne députée pour les “accusations graves contre le Royaume du Maroc et ses institutions, notamment diplomatiques, dans le cas de la mort d’Imane Fadil”, formulées dans une interview qu’elle avait accordée la veille au quotidien italien La Repubblica.