MAROC
29/09/2018 12h:52 CET | Actualisé 29/09/2018 15h:41 CET

Mort de Hayat: Des manifestations dégénèrent à Tétouan, l'hymne national hué

"Nous te vengerons Hayat!" criaient les manifestants.

DISCOVERY MOROCCO

SOCIÉTÉ - Des manifestations de colère ont été organisées vendredi 28 septembre à Tétouan, trois jours après la mort de Hayat B., 19 ans, tuée par des tirs de la marine royale alors qu’elle se trouvait à bord d’un “go-fast” avec d’autres Marocains pour immigrer illégalement en Espagne.

Réunis à l’appel d’un groupe de supporters ultras du club de football Moghreb de Tétouan, qui affrontait hier soir le Kawkab de Marrakech, des centaines de manifestants, dont certains volontairement vêtus de noir, ont déferlé dans les rues jusqu’au stade de la ville du nord, scandant des slogans de contestation et de solidarité avec la jeune victime.

“Nous te vengerons Hayat!”, “Le peuple renonce à la nationalité marocaine!” ou encore “Viva España” (“Vive l’Espagne”) ont lancé les manifestants dont certains brandissaient des drapeaux espagnols comme signe de défiance envers les autorités marocaines, rapportent les médias locaux.

Au début de la rencontre sportive, les supporters ont également hué et sifflé l’hymne national alors que le match était retransmis en direct à la télévision, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous:

“Des spectateurs à Tétouan huent fortement pendant que l’hymne national marocain est joué au début du match”

Dans les tribunes, les supporters ont également lancé à plusieurs reprises: “le peuple veut savoir qui a tué Hayat”.

Les manifestations ont été émaillées d’actes de vandalisme. Des voitures auraient été incendiées et cassées, et du mobilier urbain aurait été détruit, comme le montrent certaines images postées sur les réseaux sociaux.

Suite à ces débordements, la police a convoqué les meneurs du groupe d’ultras “Los Matadores”, organisateur de la manifestation non autorisée, selon Tetouan Press qui diffuse la convocation sur sa page Facebook.

Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué officiellement sur ces manifestations ni sur le bilan des dégâts matériels ou des arrestations.

Selon une note d’information envoyée hier à certains médias par des sources militaires, un garde-côtes de la marine royale a tiré sur un “go-fast” (embarcation rapide généralement utilisée pour le transport de drogue) non identifié recouvert d’une bâche, en provenance de Sebta au large de M’diq, après que le pilote du bateau clandestin a refusé d’obtempérer aux tirs de semonce de la marine royale. Les tirs ont coûté la vie à Hayat et ont blessé trois hommes dont un grièvement.

La mort de la jeune fille, qui intervient en pleine crise économique et sociale dans une région qui connaît une hausse des départs illégaux vers l’Europe, a suscité une vive émotion à Tétouan.