TUNISIE
23/10/2018 20h:03 CET

Moralisation de la vie politique : Bientôt un projet de loi pour "redonner confiance"

Tourisme politique, conflit d'intérêt, crise de confiance... cette initiative pourrait faire tourner la page, selon le député Riadh Jaïdane.

FETHI BELAID via Getty Images

Il n’est pas besoin d’être un expert pour constater la crise des partis politiques patente en Tunisie. Enfermée dans des calculs politiciens à l’approche des élections, la majorité d’entre eux, qui, incapable de proposer des visions crédibles de l’avenir, n’hésite pas à procéder à des manoeuvres tactiques. Pour trouver une place dans l’échiquier politique, ces partis ouvrent ainsi la voie au tourisme partisan, aux alliances contre-nature et au chantage.  

D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-même: plus de 56% des Tunisiens n’ont pas du tout confiance en les partis politiques, selon une étude de Mourakiboun, dévoilée en fin 2017. Sans oublier, l’abstention record enregistrée lors des élections municipales où 66,3% des Tunisiens ne se sont pas présentés aux urnes. 

 En effet, cette indifférence envers la politique reflète le déclin de confiance vis-à-vis des hommes politiques. Une crise morale qui se nourrit principalement par des scandales et des comportements inappropriés.

Afin de tourner cette page et de réguler les normes de conduite dans la vie politique, le député Riadh Jaïdane a annoncé sur les ondes d’Express Fm, qu’un projet de loi sera bientôt présenté au parlement portant sur “la moralisation de la vie politique”. 

Pour lui, cette initiative lancée par le nouveau bloc parlementaire “la loyauté envers la patrie” (Walaa lil Watan), constitue un nouveau jalon dans la réglementation et la déontologie de la vie politique. 

Selon lui, ce projet de loi permettrait de redorer l’image du politicien et de rétablir la confiance entre les acteurs de la scène politique et le peuple. Il a annoncé dans ce cadre qu’une conférence sur la déontologie de la vie politique au niveau local et national a été tenue aujourd’hui en présence de nombreux experts juridiques et des universitaires tunisiens et français dont Fadhel Moussa, Ridha Ben Hammed et Nadhir Ben Ammou .

“La conférence sera divisée en deux axes, le premier ayant trait à la déontologie de la vie politique au niveau national et le second touche au même volet au niveau local tout en procédant à un échange de vues et d’expériences tuniso-françaises,” souligne-t-il à Express Fm

En France, ce n’est qu’en 2017 que le projet de loi sur la moralisation de la vie politique a été adoptée. C’était d’ailleurs l’une des promesses du président français Emmanuel Macron au cours de sa campagne électorale.  

Une panoplie de mesures a été ainsi menée dont l’interdiction des emplois familiaux (interdiction pour les parlementaires, les ministres et les exécutifs locaux d’embaucher un membre de leur famille comme collaborateur), l’inéligibilité (en cas de crimes ou d’infractions traduisant un manquement à la probité) et les conflit d’intérêts. 

 

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