TUNISIE
07/06/2019 16h:34 CET

Mondial féminin de football: Amel Majri, cette franco-tunisienne qui portera les Bleues

Elle s’est rapidement imposée comme taulière du vestiaire des Bleues, arborant avec brio le prestigieux numéro 10.

Michael Regan - FIFA via Getty Images

Valeur sure de l’équipe de France, la franco-tunisienne Amel Majri est l’une des joueuses à suivre durant le mondial féminin, qui se tient en France du 7 Juin au 7 Juillet. Impressionnante par sa polyvalence et sa technicité, elle excelle aussi bien au poste de défenseur gauche qu’à celui de milieu offensif.

À 26 ans, la footballeuse lyonnaise collectionne les trophées. Native de Monastir, Amel Majri n’a qu’un an lorsque sa famille s’installe à Vénissieux, en banlieue lyonnaise. Elle découvre le ballon rond dès l’âge de 4 ans lors de vacances en Tunisie: “Mon oncle voulait absolument que je joue au foot. Il m’a jeté un ballon et ça s’est fait tout seul. Une fois rentrée en France, je n’ai plus lâché mon ballon” affirme-t-elle à FranceTvinfo. Une histoire d’amour qui n’en finira plus.

Un parcours atypique …

Et pour cause, Amel Majri a un parcours singulier: elle n’est pas passée par Clairefontaine, le centre de préformation tricolore, comme la plupart des joueuses. C’est à l’AS Minguettes qu’elle décroche sa première licence, à l’âge de 12 ans, enfilant les crampons contre les garçons, avant d’être repérée et recrutée par la section féminine de l’OL, à 14 ans. Elle signe alors son premier contrat professionnel avec l’OL, qu’elle ne quittera plus.

Après avoir porté le maillot de la Tunisie lors des sélections jeunes, elle se tourne vers l’équipe de France et les couleurs tricolores en 2014, quelques mois après sa naturalisation.

C’est l’entraîneur de l’OL, Patrice Lair, qui a milité pour que la jeune joueuse ne file pas entre les doigts du football français. “J’ai prévenu dès 2013 Philippe Bergeroo (alors entraineur des bleues) qu’il pouvait appeler une pépite qui serait vite titulaire dans son équipe”, un risque présent puisqu’elle avait évolué deux fois avec l’équipe tunisienne des U20.

“La Tunisie, c’est mes origines, je suis née là-bas mais je me focalise sur la compétition. J’ai grandi en France, c’est aussi mon pays” avait expliqué la joueuse au magazine l’Équipe pour le plus grand bonheur des supporters français.

… Et un palmarès impressionnant

Avec l’Olympique Lyonnais, elle arbore un palmarès prodigieux de 21 titres depuis son arrivée dans le monde professionnel en 2011, composé de 9 championnats de France, 7 coupes de France mais aussi et 5 Ligues des Champions.

Le 8 octobre 2018, Amel Majri est nommée parmi les quinze prétendantes au tout premier Ballon d’or féminin. Elle se classera finalement treizième mais recevra tout de même une belle récompense la même année: le Lion d’Or du Sport, un trophée décerné par la ville de Lyon, qui organise chaque année une cérémonie pour désigner les sportif.ve.s les plus méritant.e.s.

Aujourd’hui, la joueuse compte 46 sélections en équipe de France et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Brillant par sa vitesse et sa technique exceptionnelles, elle s’est rapidement imposée comme taulière du vestiaire des Bleues, arborant avec brio le prestigieux numéro 10. Impressionnante sur le plan physique mais aussi technique, c’est l’une des joueuses à suivre lors de ce mondial.

Dans des propos recueillis par France bleu, la joueuse déborde d’ambition, affirmant d’emblée que l’objectif est d’atteindre la finale:

“Comme toute joueuse de n’importe quelle nation, l’objectif c’est d’être en finale. Quand on y sera, on voudra bien sûr gagner ce Mondial! Mais l’objectif primordial, c’est d’atteindre la finale, on met la barre haut. On sait psychologiquement qu’il y a des étapes à franchir, à commencer par le fait de sortir des phases de poule. Mais au fond de nous, on veut la finale”.

Pour cette huitième édition, l’équipe de France, qui figure parmi les favoris de la compétition, espère copier la sélection masculine, championne du monde en Russie en juillet dernier. Un mondial qui remet par la même occasion sur le tapis la question de l’égalité des salaires entre les joueurs et les joueurs, selon une étude menée par l’Observatoire des Inégalités en 2017, les footballeuses gagneraient en moyenne 96% moins que leurs homologues masculins, et ce, en dépit du développement du football féminin …

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