MAROC
10/05/2018 11h:19 CET | Actualisé 10/05/2018 11h:30 CET

Mondial 2026: Sepp Blatter réaffirme son soutien à la candidature marocaine

"Le Maroc ne peut pas être expulsé avant le congrès".

MICHAEL BUHOLZER via Getty Images

FOOTBALL - L’ex-président de la Fifa Sepp Blatter, a réaffirmé, dans une interview à la BBC, son soutien au Maroc pour l’organisation du mondial 2026 et maintient qu’une Coupe du monde (CDM) doit être organisée dans un seul pays plutôt que co-organisée par plusieurs nations. 

L’homme de 82 ans, déchu de son poste de président de l’organisme de football pour divers scandales de corruption en 2015, affirme que la FIFA est dorénavant intéressée par les Coupes du monde co-organisées car elle souhaite augmenter le tournoi à 48 équipes. “Pour avoir trois grands pays ensemble... Ils ont prouvé qu’ils peuvent l’accueillir seul, alors pourquoi les trois sont-ils ensembles?”, a déclaré Blatter au média anglais.

Il ne masque pas son envie que le Maroc remporte l’organisation de ce Mondial et avait même soutenu que son coeur “bat pour l’Afrique”. ”(...) Bien que la candidature (nord-américaine, ndlr) semble forte en termes de réussite économique, la FIFA a également l’obligation d’emmener le football dans des endroits qui ont besoin de plus de soutien. C’est ce que nous avons fait en Afrique du Sud en 2010, une Coupe du monde dont je suis très fier, cela pourrait aussi être fait au Maroc en 2026.” 

Les candidatures conjointes ne sont pas du goût de l’ex-président qui garde un mauvais souvenir de la Coupe du monde de 2002, organisée par la Corée du Sud et le Japon. Un tournoi qu’il a même qualifié de “cauchemar dans l’organisation”. Il précise par ailleurs que des candidatures combinées avaient été refusées par la Fifa à la Libye et la Tunisie pour la CDM de 2010, à l’Espagne et au Portugal, et à la Belgique et aux Pays-Bas pour 2018, au profit de candidatures uniques. 

Il va plus loin dans la critique et dénonce les méthodes de son successeur Infantino et son groupe de travail en charge d’étudier les appel d’offres pour le mondial 2026 auquel il a conféré “un pouvoir énorme”: celui d’exclure une offre avant le vote au congrès de la Fifa. 

“Ils ne peuvent pas faire ça!”, a assuré Blatter, toujours à la même source. “Même si l’un des candidats n’est pas bon, ils ont le droit d’être au congrès. (...) C’est pourquoi je préconise que le Maroc se rende au congrès, le Maroc ne peut pas être expulsé avant le vote”, a-t-il insisté. 

L’organisation du football, qui souhaite en finir avec son passé entaché par les scandales de son ex-président, ne montrerait pas entièrement patte blanche dans cette course au mondial selon certains observateurs, prônant une transparence qui ne serait que de la poudre aux yeux. 

En effet, une source, sous couvert d’anonymat, avait confié à la BBC que Gianni Infantino, en faveur du dossier USA-Mexique-Canada, aurait “encouragé” le comité de la Task Force, en visite au Maroc, à trouver de potentielles failles qui pourraient bloquer la candidature marocaine, nettement moins avantageuse financièrement pour la Fifa que celle du géant américain et ses recettes prévisionnelles qui se chiffrent à plusieurs milliards de dollars. 

Si la Task Force avait souligné un dossier marocain “de qualité”, l’issue du scrutin se fait de plus en plus incertaine à l’approche de l’annonce du pays hôte du Mondial 2026, le 13 juin prochain à Moscou.