MAROC
13/06/2018 11h:55 CET | Actualisé 13/06/2018 13h:08 CET

Mondial 2026: le trio Canada-Etats-Unis-Mexique remporte l'organisation de la prestigieuse compétition

Goliath plus fort que David.

Mike Hewitt - FIFA via Getty Images

FOOTBALL - Le 68e congrès de la FIFA, ce mercredi 13 juin, sonne le glas d’une bataille acharnée entre le Maroc et la candidature tripartite Canada-Etats-Unis-Mexique pour l’organisation du Mondial 2026. Efforts colossaux, intimidations, lobbying et menaces de sanctions... Cette course au Mondial, à la lecture géopolitique affirmée, a plus que jamais déchaîné les passions ces derniers mois, qu’elles soient hostiles ou favorables. 

Sans surprise, et annoncé grand vainqueur dès le dépôt de sa candidature, l’offre américaine remporte l’organisation de la très convoitée Coupe du monde 2026 face à un Maroc souvent qualifié d’outsider mais au dossier pourtant menaçant. Armées de boîtiers électroniques, les 203 nations votantes ont départagé les candidats. 134 votes en faveur du trio nord-américain qui s’offre un alignement de soutiens éparpillés sur tous les continents, tandis que le Maroc s’est octroyé 65 votes soutenant sa candidature, et que l’on compte 3 abstentions (Cuba, l’Espagne et la Slovénie), tandis que l’Iran a choisi de ne voter pour aucune des deux candidatures. 

Capture decran

Avec à ses côtés l’ensemble des fédérations de football sud-américaines, quelques pays-sud africains et européens, et mêmes des ennemis-alliés comme l’Irak et l’Afghanistan, le puissant trio se plaçait déjà grand favori depuis quelques semaines.

Avant le verdict, les arguments

Après les discours de membres de la candidature nord-américaine, Moulay Hafid Elalamy a rejoint la scène pour livrer à son tour son appel à soutenir la candidature marocaine. Soulignant la richesse des infrastructures du royaume et soulignant que 97% de la population a soutenu dans un récent sondage la candidature du Maroc à l’organisation du Mondial 2026, le président du comité marocain a rappelé les valeurs du royaume, le fait que le pays accueille chaque année des millions de touristes, l’interdiction du port d’arme, gage de sûreté pour les visiteurs, mais aussi mis en avant des gages de rentabilité financière pour la FIFA. 

Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération royale marocaine de football, a pour sa part rappelé que l’Afrique n’a organisé qu’à une seule occasion la prestigieuse compétition, en 2010 en Afrique du Sud, pays qu’avait d’ailleurs affronté le Maroc dans la course à l’organisation. Le président de la FRMF a également souligné que le Maroc se porte candidat pour la cinquième fois. 

Cinquième échec

Face à la candidature nord-américaine, le Maroc essuie ainsi un cinquième échec cuisant, après un combat qui aura toutefois imposé le royaume comme un adversaire tenace.

Infrastructures modernes et déjà présentes, stades en grand nombre, capacités prouvées à accueillir des compétitions de grande envergure... Les nord-américains ont avancé de solides garanties dans leur dossier de candidature. 

 

La candidature du Maroc a, pour sa part, sans doute péché sur le plan technique. Le rapport d’inspection de la Task Force avait annoncé la couleur début juin en attribuant ses points aux deux dossiers: 2,7 sur 5 pour l’offre marocaine, une note légèrement au dessus de la moyenne mais nettement insuffisante face au 4 sur 5 de la candidature nord-américaine.

Seule ombre au tableau, l’ingérence du président Donald Trump dans l’attribution de cette compétition. Des votes qui confirment peut-être que les menaces du président américain et le lobbying de dernière minute mené hardiment ces derniers jours auront été efficaces. L’Afrique devra encore attendre avant de rêver de sa prochaine Coupe du monde.