MAROC
12/06/2018 14h:01 CET | Actualisé 12/06/2018 16h:10 CET

Mondial 2026: À moins de 24h du verdict, le Maroc abat ses dernières cartes

Lobbying de dernière minute et arguments de poids à l'appui.

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MONDIAL 2026 - Alors que le verdict final approche à grands pas, et après avoir dénoncé les manoeuvres de la FIFA, le Maroc ne compte pas rester impassible et joue ses dernières cartes. Lors d’une réunion de la FIFA tenue à Moscou lundi 11 juin, la délégation marocaine n’a pas manqué de souligner les failles de son rival, qui présentait également son dossier aux électeurs des six continents membres de la FIFA.

L’un des aspects pointé du doigt passe même pour être l’un des arguments forts de la candidature américaine: si la Coupe du monde 2026 était confiée à la candidature tripartite Canada-États-Unis-Mexique, les retombées économiques seraient de 14,3 milliards de dollars de bénéfices pour la FIFA, friande de cachets faramineux.

Si l’argument financier semble séduire l’ensemble des soutiens de la candidature nord-américaine, dont Gianni Infantino, président de l’instance internationale du football, le chiffre est toutefois bien trop gros aux yeux du Maroc, qui n’a pas manqué lors de cette réunion de discréditer les promesses de bénéfices émises par United2026. “Il y a beaucoup d’incertitudes (...) Cela ne correspond ni à des faits historiques, ni à une extrapolation future, c’est un exercice qui va au-delà”, a ainsi déclaré le président de la Fédération Royale Marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, selon une dépêche d’Associated Press (AP).

Un panel de La FIFA a estimé “significativement plus élevé” le chiffre prévisionnel des Américains face au Maroc qui ne rapporterait que 7,2 milliards de dollars de profits à la FIFA dans ce prochain tournoi à 48 équipes. Maroc 2026 réplique et note à son tour que 5 millions de dollars de bénéfices net seraient déjà pour la FIFA “un record mondial”. 

Outre l’aspect financier, la réunion a permis à Moulay Hafid Elalamy, président du comité de la candidature marocaine pour ce mondial, de rappeler le “sérieux et professionnalisme remarquable” avec lequel le Maroc a mené sa campagne de candidature. 

“À 24 heures du vote final pour la désignation du pays organisateur, l’équipe de candidature a eu des rencontres dans la capitale russe avec des membres des confédérations asiatique, africaine et européenne et a profité ainsi de la présence de plus de 200 votants au congrès pour pouvoir rencontrer le maximum d’entre eux”, a précisé MHE dans une déclaration à la MAP.

Le royaume a “dépassé des étapes extrêmement importantes et a mené sa campagne avec un professionnalisme remarquable qui a été apprécié par tous les participants”, a poursuivi le président du comité, relevant qu’il y a “d’autres enjeux qu’uniquement le sport et, dans ces cas d’espèce, les gens changent de position de minute en minute”.

La quête aux votes africains 

La délégation nord-américaine a été accueillie par des applaudissements polis et sa présentation n’a pas suscité de questions de la part des nations présentes, rapporte la dépêche d’AP. Alors qu’elle peut compter sur l’appui de tout le continent américain, United 2026 lorgne sur l’Afrique, continent qui, sauf surprise, devrait se prononcer majoritairement en faveur du dossier marocain. Après les soutiens du Libéria, de la Namibie et du Zimbabwe, les Américains cherchent à rassembler davantage de pays du sud du continent noir. 

Durant une réunion de la Confédération Africaine de Football, ayant eu lieu le même jour,  le président de la CAF, Ahmad Ahmad, a lancé un appel à la “cohésion continentale” aux 53 fédérations africaines présentes, soulignant une “obligation de favoriser la famille” bien qu’il s’agisse “d’un choix personnel” pour les nations. 

Selon AP, cette réunion de la CAF a débuté par l’annonce de la démission de son vice-président Kwesi Nyantakyi, qui a aussi quitté ses fonctions au sein de la commission exécutive de la FIFA en raison de l’enquête pour corruption dont il est la cible au Ghana. Dans un reportage télévisé diffusé la semaine dernière, on y voit Nyantakyi accepter 65.000 $ de la part de reporters se faisant passer pour des hommes d’affaires souhaitant entrer dans les bonnes grâces du président ghanéen, Nana Akufo-Addo, et d’autres hauts dirigeants. Le Ghana a toutefois conservé son droit de vote à l’élection cruciale de mercredi, reste à savoir derrière qui il s’alignera suite à la révélation de ce scandale qui rappelle bien des périodes sombres de la FIFA. 

A la veille du verdict, toujours aussi incertain après plusieurs mois de bataille acharnée, le lobbying de dernière minute se poursuit. “Ces rencontres sont d’une grande importance puisqu’elles offrent l’opportunité de réunions avec les pays indécis entre les deux candidatures, afin de leur permettre de prendre une orientation claire”, a indiqué le président du comité de la candidature marocaine, notant qu’elles constituent aussi “le moment de leur présenter le Maroc dans ses réalisations, ses diversités et ses capacités”.

Dans un autre hôtel de Moscou, ce mardi matin, les deux comités présenteront cette fois-ci leurs candidatures aux 54 électeurs européens.