MAROC
26/06/2018 11h:15 CET | Actualisé 26/06/2018 11h:21 CET

Mondial 2018: "On sort la tête haute, très haute", estime Hervé Renard

Le sélectionneur n'en dénonce pas moins une possible erreur d'arbitrage.

Herve Renard

MONDIAL 2018 - Après un match en dents de scie face à l’Espagne durant lequel le Maroc a marqué ses deux premiers buts en Coupe du monde depuis 20 ans, le sélectionneur Hervé Renard livre ses impressions sur cette rencontre intense et dresse un bilan du parcours de ses joueurs durant la compétition. 

À l’issue du match, lors d’une conférence de presse, le coach y est allé franco: “La seule question que je voudrais poser, et que tous les joueurs se posent est ‘est-ce qu’on a droit de jouer un corner de l’autre coté?’ Si c’est non, c’est alors une grande erreur d’arbitrage”, explique-t-il, faisant allusion au corner tiré du mauvais côté par les Espagnols et qui a permis à Iago Aspas d’égaliser face au Maroc, à la 91e minute. Un but qui avait été annulé pour hors-jeu, avant d’être finalement validé par l’arbitre qui a consulté la “VAR”, l’assistance vidéo à l’arbitrage.

Une faute que les joueurs marocains et leur coach ont réclamée, en vain. Le but espagnol reste accordé, la Roja est qualifiée pour les huitièmes de final. “Le métier d’arbitre est difficile et l’assistance vidéo a confirmé la validité du but de la seconde égalisation, a-t-il poursuivi.

Si Renard reconnait que certains des cartons jaunes étaient mérités sur des fautes, il affirme que ces joueurs “ont été révoltés par la première grosse faute de Piqué non sanctionnée par un carton”.

“L’équipe, qui a été mal récompensée, a joué pour gagner et a souffert comme toutes les autres équipes opposées aux Espagnols. Je dois féliciter les joueurs pour cette Coupe du monde mais ils ont manqué d’expérience dans le premier match (face à l’Iran, ndlr)”, s’est exprimé le coach. “La sélection est sortie la tête haute, très haute, avec beaucoup de fierté et on gardera le Mondial en mémoire pour longtemps, d’autant que nous n’avons pas démérité contre deux des meilleures équipes du monde”. 

Faisant un bref bilan des rencontres qui ont opposé le Maroc aux autres équipes du groupe B, le coach Renard déclare que “face à l’Iran, une équipe jouant la défense, l’on n’a pas été efficace mais l’équation n’était pas la même contre les Portugais et les Espagnols. Il fallait s’adapter à ces nouvelles donnes et bien protéger l’axe face aux Espagnols, une équipe aimant garder le ballon avec les latéraux jouant très haut et, par conséquent, il fallait opter pour les contres pour avoir les opportunités, qui n’étaient pas rares”. 

Selon lui, le manque d’expérience des joueurs s’expliquerait notamment par un “temps d’abstinence de 20 ans sans mondial”. “Les Lions de l’Atlas auraient aimé lutter pour la qualification mais malgré le regret de passer si près de l’exploit, l’on doit être fier de ces joueurs et du public fantastique”, a ajouté le technicien. Concernant la suite de son contrat avec la sélection marocaine, il appelle “maintenant à se concentrer sur l’essentiel” et à se tourner vers l’avenir. 

“La sélection marocaine ne nous a pas fait de cadeau”

Du côté de l’Espagne, Fernando Hierro, le sélectionneur de la Roja, a déclaré être conscient “du risque et des difficultés que nous poserait la très bonne sélection marocaine qui ne nous a pas fait de cadeau”. 

“Les joueurs marocains procèdent bien par les contre-attaques. Ils ont apporté la preuve de leurs capacités et de leurs moyens et ont été soutenus par des milliers de supporteurs pleins d’enthousiasme”, a-t-il poursuivi. “Toutefois, les Espagnols sont habitués à jouer dans ce genre d’ambiance. Cela n’influe pas sur notre jeu et nous gagnons sur la pelouse”. 

Il reconnait que le Onze marocain était “un rival solide” bien qu’il ait été éliminé. “Malgré les difficultés, la Roja est leader de son groupe et a une marge de manœuvre pour s’améliorer. Arrivés en tête, nous ne devons pas, non plus, nous reposer sur nos lauriers pour atteindre nos objectifs”, a ainsi conclu le technicien espagnol.