MAROC
03/07/2018 17h:33 CET

Mondial 2018: Le capitaine du Nigeria a joué contre l'Argentine 4 heures après avoir appris le kidnapping de son père

"Je ne pouvais pas laisser tomber 180 millions de Nigérians. J'ai été obligé de cacher ça et de représenter mon pays".

HENRY ROMERO / REUTERS

MONDIAL 2018 - John Obi Mikel aura vécu l’enfer, en silence et face à des millions de spectateurs. Le capitaine de l’équipe nigériane s’est mesuré à l’Argentine de Messi le 26 juin en pleine Coupe du monde en Russie.

La défaite (2-1) de son équipe en était presque anecdotique: quatre heures avant le coup d’envoi du match, des ravisseurs ont contacté John Obi Mikel pour lui annoncer qu’ils avaient kidnappé son père. En échange de sa libération, ils réclamaient une rançon de 10 millions de Nairas, soit environ 24.000 euros.

Celui qui est resté plus de dix ans à Chelsea a confié, lundi 2 juillet à KweséESPN, que son père avait été enlevé alors qu’il se rendait à des obsèques au sud-est du Nigeria la veille du match. Il a expliqué avoir préféré taire l’information aux autorités car les kidnappeurs avaient menacé de “tuer” leur otage s’il parlait aux autorités.

“J’étais confus, je ne savais pas quoi faire, mais à la fin je savais que je ne pouvais pas laisser tomber 180 millions de Nigérians. Je devais me taire et aller représenter mon pays d’abord. Ils m’ont dit qu’ils allaient immédiatement tirer sur mon père si je rendais compte aux autorités ou si j’en parlais à quelqu’un. 

Et je ne voulais pas en discuter avec l’entraîneur parce que je ne voulais pas que mon problème soit une distraction pour lui ou le reste de l’équipe, le jour d’un match aussi important”

Lundi, une semaine après son enlèvement, le père de John Obi Mikel a finalement été secouru par la police après un échange de tirs entre la police et les ravisseurs. Ces derniers ont pris la fuite, laissant leur victime, qu’ils avaient torturée dans la forêt. Il est actuellement à l’hôpital pour soigner ses blessures.

Ce n’est pas la première fois que le père de John Obi Mikel doit faire face à ce genre de traumatisme. En 2011, alors que son fils jouait pour Chelsea, il avait été kidnappé en échange d’une rançon. Il avait été retrouvé dix jours plus tard et ses ravisseurs avaient été interpellés.

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.