MAROC
02/08/2018 12h:52 CET | Actualisé 02/08/2018 17h:41 CET

Moment de gêne après le refus d'un policier marocain de serrer la main du président de Sebta (VIDÉO)

Un geste qui n'a pas manqué de faire réagir.

VIDÉO - Le président de l’enclave espagnole de Sebta, Juan Vivas, a vécu un petit moment de solitude mercredi 1er août. Alors qu’il visitait le poste-frontière de Tarajal, en compagnie du président du Parti Populaire (PP) Pablo Casado, le responsable politique espagnol a voulu serrer la main d’un policier marocain.

Mais ce dernier a tout simplement refusé, restant les bras croisés derrière le dos, le regard impassible. Après quelques secondes de flottement, Juan Vivas a fini par donner une petite tape dans le dos de l’officier de police avant de s’en aller, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.

La scène, qui s’est déroulée devant des dizaines de journalistes et caméras de télévision, n’a pas manqué de faire les choux gras de la presse locale. Elle a également fait réagir Abdelmalik Mohamed, président du nouveau parti Contigo Somos Democracia Ceuta (CSD-Ceuta), opposant du PP, qui accuse les membres de ce dernier de se rendre à la frontière marocaine comme si le Maroc était encore un protectorat.

Pour Abdelmalik Mohamed, “la délicatesse fait défaut aux responsables qui gouvernent cette ville (Sebta, ndlr), toujours convaincus que les anciennes manières du Protectorat restent en vigueur, mais les temps ont beaucoup changé. Vous ne pouvez pas visiter une zone frontalière et vous rendre dans un terrain inconnu sans y avoir auparavant entrepris un travail préparatoire”, estime-t-il dans un communiqué du CSD rapporté par la presse locale.

“Récemment, un haut responsable des douanes marocaines s’est plaint que lors d’une réunion avec un responsable de la délégation du gouvernement de Ceuta, un fonctionnaire espagnol n’a pas hésité à lui donner des tapes dans le dos, l’invitant à prendre un café un de ces jours”, poursuit-il dans le communiqué.

Cette polémique intervient en plein débat autour de la gestion de l’immigration illégale aux frontières entre le Maroc et l’Espagne. Cette dernière vient de demander, par le biais de son Premier ministre Pedro Sanchez, une aide financière supplémentaire à la Commission européenne, y compris pour le Maroc, pour faire face à l’accentuation du flux migratoire.

Début juillet, la Commission européenne a accordé 55 millions d’euros supplémentaires pour le Maroc et la Tunisie afin d’aider les deux pays maghrébins à contrôler les frontières.