TUNISIE
03/04/2019 18h:35 CET

Mohsen Marzouk se distingue en affichant son soutien à la dépénalisation de l'homosexualité

Il se distingue clairement de certaines figures politiques qui sont restées muettes sur la question, tandis que d'autres ont exprimé une opposition virulente.

Zoubeir Souissi / Reuters

LGBT - Alors que La dépénalisation de l’homosexualité bénéficie du soutien mou et discret de quelques politiciens ou de l’hostilité affichée et parfois agressive des autres, un homme politique est sorti du lot en affichant son soutien à la cause, il s’agit du secrétaire général de Machrou’ Tounes, Mohsen Marzouk.

Marzouk a reçu, ce mercredi 3 avril, une délégation de l’association Shams pour la dépénalisation de l’homosexualité.

Contacté par le HuffPost Tunisie, le président de Shams, Mounir Baatour, a indiqué que cette rencontre a été organisée par la députée de Machrou Tounes, Khaoula Ben Aisha. Cette dernière est connue pour ses prises de positions progressistes.  

Lors de cette entrevue, il était question de la situation précaire des personnes LGBT en Tunisie mais aussi du procès de l’Etat contre l’association Shams.

“Mohsen Marzouk nous a promis une rencontre avec le ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et des droits de l’Homme, Mohamed Fadhel Mahfoudh”, a confié Baatour avant de souligner la position ferme exprimé par Marzouk contre l’article 230 du Code pénal criminalisant l’homosexualité.

En exprimant sa position contre la pénalisation de l’homosexualité, Mohsen Marzouk, se distingue clairement de certaines figures politiques qui sont restées muettes sur cette question, tandis que d’autres ont exprimé une opposition virulente, à l’instar du président de la République, Béji Caid Essebsi, la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi, le député d’Ennahdha, Abdelatif Mekki et bien d’autres.

Le HuffPost Tunisie avait en effet sondé quelques députés à propos de leur position concernant l’article 230. 

Jilani Hamami, député Front populaire avait affirmé que “cette question est encore à l’étude au sein du Front. Les avis sont partagés quant à la dépénalisation ou pas de l’homosexualité. Chacun a son argumentaire et chacun détient une part de vérité.”

“Il faudrait ne plus avoir recours à des peines d’un autre âge telle que celle du bannissement mais il faut maintenir la sanction pénale pour les pratiques homosexuelles. Nous vivons dans une société attachée à ses traditions, à sa religion et qui n’accepte pas ce genre de pratiques », avait déclaré de son coté, l’ancien ministre, Mehdi Ben Ghabia.

Même son du cloche chez le député du Courant Démocratique, Ghazi Chaouachi, en indiquant que “La liberté a des limites. Dans une société musulmane, l’homosexualité est inacceptable. Sa dépénalisation encouragera la débauche.

Toutefois, je suis pour que chacun vive sa vie comme il veut tant que c’est en toute discrétion et qu’on n’offense pas publiquement les sentiments de la majorité conservatrice.”

Une position qui les approchent de la députée d’Ennahdha, Yamina Zoghlami, pour qui, “dépénaliser l’homosexualité est contraire à la religion et à la morale. Dans ta vie privée, fais ce que tu veux mais pas publiquement”.

Seul l’ancien ministre, Riadh Mouakher, était plus progressiste en matière des libertés en déclarant qu’ « on n est en train de marcher en arrière concernant ce sujet avec des jugements comme le bannissement ou le recours au test anal. L’ensemble du code pénal est trop sévère et cet article le reflète.

La constitution est claire concernant la garantie de certaines libertés et toute loi contraire à la Constitution comme celle-ci doit être abrogée”. 

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