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24/07/2019 15h:24 CET | Actualisé 24/07/2019 15h:26 CET

Mohand Sebkhi, un modeste mais valeureux moudjahid vient de disparaître

Editions Barzakh

Mohand est du village de Si El Hadj Hsiyen, douar de Beni Oughlis, commune de Chemini, fraction du arch Semaoun. Son père était dans l’émigration, en France et ne revenait que rarement au village.

Mohand avait neuf ans quand il a perdu son père et s’est trouvé adopté par son oncle Larbi. Sa vie fruste et pour ainsi dire misérable, son itinéraire qui l’amène de l’exil trop précoce à son entrée dans le feu de la lutte armée, aux plus durs moments de la guerre de libération, me paraissaient être d’un immense intérêt. J’allais entrer avec lui dans le fin fond des versants montagneux de la Soummam avec un regard neuf, quasi innocent, sans préalable méthodologique, politique ou autre (…)

Vivre avec Mohand Sebkhi son retour au pays, encore jeune, et le voir errer à la recherche d’un destin qui allait le mener de proche en proche au cœur du combat, comme un enfant qui cherche à prendre le maquis.

Sa rencontre avec le colonel Amirouche, ses missions de chargé des liaisons et renseignements vont l’amener à sillonner la zone 2 de part en part et joindre les autres zones de la wilaya 3, porteur de messages et de documents de la plus haute importance, essuyant les ratissages et les razzias de l’armée coloniale, perdant les uns après les autres ses compagnons d’armes. 

Le voilà témoin impuissant des affres de la bleuite, et porteur du dernier message à un colonel Amirouche en route pour son dernier aller sans retour vers les frontières de Tunisie.

Pris dans les mailles du ratissage qui a coûté la vie à son valeureux chef, il connaîtra le sort réservé par les tortionnaires aux prisonniers de guerre.”