MAROC
19/09/2019 18h:10 CET | Actualisé 02/10/2019 12h:15 CET

Mohamed Zineddaine présente en avant-première son dernier opus “La guérisseuse” (INTERVIEW)

Il sera en salles au Maroc, le 25 septembre.

Huffpost MG
La Guérisseur de Mohamed Zineddaine

CINÉMA - Le film “La guérisseuse” a été projeté en avant-première, à Rabat, le mercredi 18 septembre, en présence du réalisateur Mohamed Zineddaine, et de quelques acteurs. Le long-métrage a déjà raflé quatre prix à la dernière édition du festival national de Tanger, celui de la réalisation, du 1er rôle masculin, et féminin, et le prix spécial du jury. Il sera en salles au Maroc, le 25 septembre. 

Le film met en scène trois personnages dans une petite ville minière marocaine où les hommes travaillent pour la plupart dans le phosphate. M’Barka (Fatima Atif) est la guérisseuse du village et est accompagnée par son fils adoptif, Abdou (Ahmed Moustafid), un adolescent de 16 ans qui se cherche et souhaite apprendre à lire et à écrire. Son ami, Ch’aayba (Mehdi Al Arroubi), trentenaire au caractère volcanique et pickpocket notoire, va à la rencontre de la guérisseuse, pour soigner son eczéma. A partir de ce moment, le film prend une tournure pour le moins déroutante... 

Le réalisateur, dont le dernier film est sorti en 2013, a choisi, dit-il, “le cinéma d’auteur qui n’est pas conditionné, ni commercial”, pour donner vie à “un travail sur soi et sur la société”. 

Le HuffPost Maroc l’a rencontré, quelques minutes avant la projection de son film et lui a posé trois questions:

 Qu’est-ce qui vous a inspiré la réalisation de ce film? 

Je ne travaille que sur la mémoire personnelle et collective, cela libère les souvenirs d’un vécu. Et ce film est une ode qui rend hommage à ma grand-mère. Mais pour que l’invraisemblable se matérialise, il faut rajouter de la fiction, c’est pour cela que j’ai apporté des compléments pour tisser l’histoire. 

Pour moi, la mémoire, c’est une vie. A l’aide de l’écriture qu’on peut considérer comme une torche, on rentre dedans et, peu à peu, on découvre des choses qu’on ne réalisait même pas. Tout ce qui était un vécu devient plus fort en écrivant.

Le résultat a été ce film choral, avec trois personnages principaux. Ma grand-mère, c’est M’Barka, le personnage pivot autour duquel tourne les deux autres protagonistes. 

 Quand sera-t-il en salle en France et en Europe ? 

Le 28 septembre, nous avons une avant-première à l’Institut du monde arabe à Paris. Il sera en salles en novembre, en Italie. Il y a aussi un distributeur libanais et un autre égyptien qui ont acheté les droits pour le distribuer au Moyen-Orient et en Afrique du nord, et exclusivement au Maroc. Il se peut qu’un distributeur l’emmène en France. Je pense que le film trouvera des distributeurs dans les pays du nord. Le film est sélectionné dans plusieurs festivals, notamment au Danemark, en Suède et en Allemagne. Il est aussi sélectionné dans un festival à Barcelone, et la Mostra de Valence. 

Après 20 ans passés dans l’univers du documentaire et de la photographie, pourquoi avez-vous décidé de changer de trajectoire? 

Peut-être par frustration! A la base, je voulais écrire des romans. Je n’y arrivais pas, je tâtonnais à gauche, à droite, j’esquivais l’écriture en faisant d’autres choses. Sans le vouloir, la présence du verbe, de l’écrivain, du journaliste, ou de quelqu’un qui veut lire et écrire accompagne tous mes films. Il y a toujours une recherche autour du livre, autour du verbe. Et dans le cinéma, cette recherche trouve sa concrétisation.