TUNISIE
16/10/2019 15h:26 CET

Mohamed Abbou déplore la présence de certains courants populistes au sein de l'ARP

Il appelle également à la stabilité pour l'intérêt du pays

Le président du Courant démocrate, Mohamed Abbou a affirmé, mercredi, sur les ondes de Jawhara Fm, que certains partis à l’Assemblée n’auraient pas dû être élus pour “l’intérêt du pays”.

“Il y a des parties qui sont naturellement proches d’Ennahdha (...) d’autres, qui y sont opposés naturellement, et bien sûr je n’en fais pas partie. (...) Moi ce qui m’intéresse, c’est qu’elle essaye de composer avec des personnes ayant une certaine ligne directrice, elle peut réussir comme échouer” a-t-il commenté à propos de la formation du prochain gouvernement. 

“Si Ennahdha n’y arrive pas, elle se retournera vers son plan B à savoir 9alb Tounes (...) mais le gouvernement sera formé, ne vous inquiétez pas. Il ne faut pas avoir peur de l’inconnu, nous trouverons des solutions” a-t-il assuré.

A la tête de la troisième force politique du pays, Mohamed Abbou a indiqué qu’il n’a pas apprécié voir certains partis être aussi largement représentés à l’ARP, et ce pour l’intérêt du pays: “C’est ce que le peuple a donné comme paysage politique. Si ça ne tenait qu’à moi, pour l’intérêt du pays, ceux qui ont eu la majorité, je les aurais mis de côté et j’aurais mis d’autres partis, mais c’est les règles de la démocratie. Il faut les accepter” dit-il avant de poursuivre: “Les citoyens, pour pouvoir choisir, doivent avoir des informations. Ils ne peuvent pas faire les bons choix, 9 ans après la révolution, il faut du temps, c’est normal. On voit aussi des courants populistes dans toutes les plus grandes démocraties du monde”.

Ceux que visent principalement Mohamed Abbou, c’est les courants jugés “populistes” qui ont obtenu des sièges à l’ARP: “C’est normal que de temps en temps, les peuples élisent de façon irrationnelle. Est-ce que l’élection de Trump aux Etats-Unis, dans l’une des plus vieilles démocraties du monde, a été faite sur une base rationnelle? Cela a été fait en majorité sur une base populiste, de la part de personnes qui en ont eu marre et qui voulaient un changement radical, quitte à aller vers l’inconnu” analyse-t-il.

″Je ne veux pas critiquer les électeurs, mais je leur demande de mieux prendre en considération les positions de tous les partis. Il ne faut pas aller voter sans avoir une idée des programmes, il faut toujours consacrer du temps pour les décrypter (...) On leur demande de suivre la vie politique du pays. Un peuple conscient, même si vous lui ramenez le plus corrompu des dirigeants, il sera obligé de suivre la constitution et la loi. A contrario, si un dirigeant trouve un peuple qui n’est pas conscient politiquement, même si c’est l’homme le plus honnête, il pourra se laisser aller et s’accorder certains dépassements” affirme le secrétaire général du Courant démocrate.

Interrogé sur la suite, notamment dans un contexte où il semble difficile de former un gouvernement Mohamed Abbou estime que le pays a “besoin de stabilité (...) Si ça ne tenait qu’à moi, certains partis je ne les aurais pas porté au Bardo, peut-être parce que je les connais mieux que le peuple ne les connais. On ne va pas à chaque fois aller vers le chaos! Le peuple les a choisi, on compose avec. On ne va tout de même pas refaire des élections”.

“Il y a des analyses qui disent que si on faisait des élections anticipées, le peuple voterait majoritairement pour Attayar, ils se disent que les deux partis en tête ont échoué à former un gouvernement et qu’ils accordent donc leur confiance au troisième. Nous pouvons aller à l’aventure avec le parti, mais nous ne voulons pas aller à l’aventure avec l’Etat. Le pays a besoin de stabilité” a-t-il martelé. 

Concernant la proposition faite par son parti à Ennahdha, à savoir, obtenir le ministère de l’Intérieur, de la Justice et de la réforme administrative pour pouvoir entrer dans la coalition gouvernementale, il affirme attendre toujours une réponse: “Nous avons présenté nos propositions, nous attendons maintenant leur réponse. Je veux faire gagner du temps au peuple tunisien, l’autre partie ne veut pas. Telle est ma lecture dès l’annonce des résultats (...) Il ne faut pas dire que nous avons fui nos responsabilités, nous ne pouvons tout simplement pas gouverner avec eux. Ils ont une vision, nous en avons une totalement différente”.

“Nous voulons un Etat de droit, un Etat fort qui applique la loi, ils n’ont aucun intérêt à cela” a-t-il poursuivit avant de continuer: ″S’ils viennent nous voir en nous disant que l’on se trompe à leur sujet, ils sont les bienvenus, mais je vous le dis, ils ne le feront pas”.

“Ne vous inquiétez, les choses vont évoluer, elles vont changer” a-t-il assuré.

Le Courant démocrate a fini troisième des élections législatives 2019 obtenant 22 sièges à l’Assemblée arrivant derrière Ennahdha et 9alb Tounes.

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