TUNISIE
22/04/2019 10h:46 CET | Actualisé 22/04/2019 10h:52 CET

Mohamed Abbou, candidat du Courant Démocrate (Attayar) à la présidentielle

Il a également été élu secrétaire général du parti.

Le Courant Démocrate (Attayar) a élu, dimanche, en marge de son deuxième congrès national,  son fondateur Mohamed Abbou comme candidat du parti à l’élection présidentielle, dont le premier tour se tiendra le 17 novembre prochain.

Le congrès, qui se poursuit encore lundi, a vu quelques changements du règlement intérieur du parti a expliqué Mohamed Abbou sur les ondes d’Express FM: “Quant aux des votes résultats concernant le secrétariat général, le bureau politique et le conseil national, ils seront annoncés dans la journée” a-t-il indiqué.

Concernant le poste de secrétaire général du parti, deux candidats sont en lices: Mohamed Abbou et Lazhar Chemli. Et c’est le même Mohamed Abbou qui a remporté les suffrages par 285 voix contre 78 pour son adversaire, succédant ainsi à Ghazi Chaouachi.

Lui même ancien secrétaire général du parti de 2013 à 2016, Mohamed Abbou affirme ne pas avoir eu de “calcul politique” en se représentant pour le poste lors d’une année électorale: “Ce n’était pas du tout intentionnel, ni calculé” dit-il.

 

“Lors des premières années du parti, le Courant Démocrate était rattaché à une personne, il fallait que cette personne quitte son poste pour laisser émerger d’autres personnes, et c’est ce qui s’est passé. Cela a permis d’obtenir les résultats actuels” a-t-il expliqué.

Mettre un terme au système imposé par la classe politique actuelle

Interrogé sur son message politique, Mohamed Abbou a affirmé vouloir rompre avec le système actuel: “Le problème se situe au niveau de la classe politique, de son comportement, de l’absence de compétences, et du lien entre le pouvoir et les lobbies (...) j’espère que nous sortirons de cette phase. Il y a encore de l’espoir. La Tunisie est prête aux réformes contrairement à ce que certains veulent faire croire”.

“Notre proposition, lors de la campagne, sera de vouloir construire un État juste et fort. Cela est nécessaire et possible en Tunisie. Si l’on choisit quelqu’un qui a les compétences et qui est indépendant, on y arrivera” a-t-il poursuivi.

Pour lui, son seul message aux autres partis politiques est le suivant: “Respectez la loi, notamment concernant vos financements. Faites une campagne électorale propre, qui respecte tout le monde et qui respecte la loi”

“On voit aujourd’hui de l’argent qui vient de l’étranger ou issu de chantages...c’est des choses que l’on a beaucoup trop vu depuis la révolution. Il faut mettre un terme à cela pour que la Tunisie avance. Nous ne pouvons pas construire une démocratie avec des gens qui tendent la main aux corrompus et qui se retrouvent ensuite au pouvoir” a-t-il fustigé.

Contre le changement de régime politique

Questionné sur sa position concernant le régime politique actuel, Mohamed Abbou est catégorique: “Durant les 5 prochaines années, il ne faudra pas changer la constitution. Bien sûr, nous ne sommes pas à 100% d’accord avec ses dispositions, mais il ne faut pas que chaque personne qui arrive au pouvoir veuille changer la constitution. Soyons clairs, ceux qui veulent changer la constitution aujourd’hui, ce sont ceux qui veulent trouver des excuses à leurs échecs”.

Né en 1966 à Tunis, Mohamed Abbou est un avocat de métier. Ancien secrétaire général du Congrès Pour la République (CPR) de 2012 à 2013, il a été ministre auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme administrative dans le gouvernement de Hamadi Jebali. Déçu par le peu de marge que lui laisse le gouvernement dans son plan de lutte contre la corruption, il démissionna avec fracas le 30 juin 2012.

En 2013, il démission du CPR pour fonder son parti, le Courant Démocrate, dont il sera le premier secrétaire général. Il cédera sa place à Ghazi Chaouachi en 2016 après le premier congrès électoral du parti.

Défenseur des Droits de l’Homme et opposant au régime de Ben Ali, il avait été condamné à 3 ans et demi de prison en 2005 pour avoir comparé Ben Ali à l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon.

Selon le dernier sondage d’Emhrod consulting publié le 02 avril dernier, le Courant Démocrate est crédité de 1,9% des voix pour les prochaines législatives, arrivant en 5ème position après Ennahdha, Tahya Tounes, Nidaa Tounes et le Parti Destourien Libre.

Selon le même sondage, Mohamed Abbou ne récolterai que 0,3% des voix. Cependant, sa femme et députée du parti, Samia Abbou était créditée de 0,8% des voix.

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