TUNISIE
24/04/2019 10h:02 CET

Mohamed Abbou affirme être surveillé par la police sur ordre du chef du gouvernement, le ministère de l'Intérieur dément

"Celui qui fait ça ne devient plus un adversaire mais un ennemi. Youssef Chahed s’est mis dans le rôle d’un ennemi!" a fustigé Mohamed Abbou

Le nouveau secrétaire général et candidat à l’élection présidentielle du Courant Démocrate (Attayar), Mohamed Abbou a affirmé, mardi sur les ondes de Mosaïque Fm, être surveillé par la police sur ordre du chef du gouvernement Youssef Chahed.

“Des ordres ont été donnés pour me suivre” a-t-il indiqué avant d’ajouter: “J’ai vécu ça avant la révolution, donc je sais ce que je dis”.

Expliquant comment il était surveillé sous Ben Ali et la promiscuité née avec la police politique qui le suivait à l’époque, après la révolution, Mohamed Abbou affirme qu’aujourd’hui, de nouveau, les mêmes pratiques que sous l’ancien régime sont revenus: “Nous avons même les photos et l’immatriculation du véhicule” a-t-il affirmé niant qu’il s’agit de “protection” mais de “surveillance”.

“Vous connaissez beaucoup vous des personnes qui vous protègent, qui se cachent au loin, sans se présenter?” fustige le secrétaire général du Courant Démocrate expliquant que sa surveillance est avérée et qu’il en a eu confirmation, sans citer sa source.

“Ils veulent que personne ne me tourne autour, que je me retrouve isolé” dit-il en faisant référence au chef du gouvernement Youssef Chahed: “Celui qui fait ça ne devient plus un adversaire mais un ennemi. Youssef Chahed s’est mis dans le rôle d’un ennemi!” martèle-t-il en lui adressant un message.

“Laissez la police loin de ces basses besognes M. Chahed. Si vous voulez que l’on descende à ce niveau, alors je vous dis que si vous êtes chef du gouvernement aujourd’hui, c’est totalement par hasard. Si on avait laissé Habib Essid, l’État serait respecté aujourd’hui, indépendamment de ce qu’on a pu penser de lui pendant la période de la Troïka. L’erreur de Béji Caid Essebsi (NDLR: d’avoir choisi Youssef Chahed comme chef du gouvernement), c’est à lui de la payer, pas à nous, pas au peuple tunisien” poursuit-il.

Pour lui, le chef du gouvernement est en train de racketer les hommes d’affaires à des fins politiques: “J’appelle les policiers honnêtes et respectables à dévoiler les dossiers politiques parce que notre pays va vers les abîmes avec les extorsions et l’argent sale provenant de l’étranger et de la Tunisie, pour que ceux qui sont au pouvoir continuent de gouverner”.

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur contre-attaque

Face à ces accusations, le porte-parole du ministère de l’Intérieur Sofien Zaâg dément toute implication dudit ministère dans des opérations de surveillance contre le secrétaire général du Courant Démocrate.

“En réponse à Mohamed Abbou du Courant Démocrate, qui affirme que lui ou d’autres personnalités politiques sont surveillés par des forces sécuritaires, le ministère de l’Intérieur dément catégoriquement. Ni lui, ni aucune autre personnalité politique n’est surveillée par le ministère de l’Intérieur” a-t-il affirmé appelant à laisser le ministère en dehors de toute manipulation politique.

“Le ministère de l’Intérieur est à égale distance de toutes les sensibilités politiques (...) nous avons d’autres préoccupations sécuritaires bien plus importantes que de nous occuper de surveiller des hommes politiques” a-t-il conclu.

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