TUNISIE
05/04/2019 15h:39 CET | Actualisé 05/04/2019 15h:45 CET

Mobilisation militaire préventive aux frontières tuniso-libyennes

De peur d'une escalade potentielle en Libye.

FATHI NASRI via Getty Images

Depuis le 4 avril, les troupes du maréchal Haftar s’avancent vers la ville de Tripoli où siège le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, protégé par l’ONU.

Le maréchal Haftar a ordonné, jeudi 4 avril 2019, à ses troupes de se diriger vers la ville de Tripoli où siège ses rivaux du gouvernement d’Union Nationale (GNA) mené par Fayez el-Sarraj. Selon l’Agence France Presse (AFP), les troupes de Haftar se trouveraient sur un barrage de sécurité à 27 km à l’entrée ouest de la ville.

Situation potentiellement dangereuse

Ces informations laissent planer le risque d’implosion au sein du pays. Les deux autorités se disputent le pouvoir, contrôlant chacune région du pays, à l’Est le territoire est contrôlé par l’Armée nationale libyenne dirigé par le maréchal Haftar.

La souveraineté de l’armée sur le territoire est autoproclamée par Haftar. A l’ouest, on retrouve un territoire contrôlé par le gouvernement d’Union Nationale (GNA), dirigé par Fayez el-Sarraj, établi fin 2015 par un accord parrainé par l’Organisation des Nations unies (ONU).

De nombreux militants des milices islamistes quittent la ville de Tripoli par peur des représailles des hommes de Haftar violemment hostile aux Frères Musulmans.

C’est un signe que Haftar est décidé à avancer de force vers Tripoli. Il est utile de rappeler que la France avait imposé la date du 10 décembre 2018, lors des accords de Paris du 29 mai 2018, pour la tenue d’une élection. L’Italie s’y était fermement opposée, jugeant que les conditions n’étaient pas réunies. Elle avait à son tour préconisé la tenue d’un scrutin national en juin 2019.

Les agissements de Haftar, fort de ses alliances conclues avec différentes puissances régionales et mondiales, sèment donc le trouble et présagent de ruiner toutes démarches diplomatiques ou dialogue entamés depuis maintenant quelques mois.

Face à cela, Le chef du Conseil présidentiel du gouvernement de consensus national, Fayez el-Sarraj, a, en sa qualité de “chef suprême de l’armée” donné des ordres aux commandants des zones militaires sous son contrôle d’être prêts à “faire face à toutes les menaces qui pèsent sur la vie de civils et à des installations vitales”.

La Tunisie en médiatrice

La Tunisie fait part de sa profonde préoccupation face aux développements graves survenus en Libye, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi.

Elle appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter l’escalade, qui aggraverait les souffrances du peuple libyen frère et menacerait son harmonie et son intégrité territoriale, a souligné la même source.

La Tunisie appelle à “préserver le processus politique sous l’égide des Nations Unies, de réunir les conditions de réussite du congrès national unificateur prévu au cours de la prochaine étape et de trouver en urgence une solution politique durable permettant de rétablir la sécurité et la stabilité en Libye”.

Appel à la mobilisation

Le ministère de la Défense nationale a annoncé vendredi avoir pris toutes les mesures nécessaires pour sécuriser la frontière sud-est, et faire face aux éventuelles répercussions de la situation sécuritaire en Libye.

Dans un communiqué, le ministère a appelé les forces armées à faire preuve de plus de vigilance et de prudence et à renforcer les formations militaires aux points de passage frontaliers de La Dhehiba et de Ras Jedir, tout en renforçant le contrôle en exploitant des moyens aériens et des systèmes de surveillance électronique pour détecter rapidement les mouvements suspects.

Pour rappel, le conseil de sécurité nationale, sous la présidence du chef de l’État Béji Caïd Essebsi, vient de prolonger l’état d’urgence d’un mois sur l’ensemble du territoire, à partir de samedi 6 avril.

Lors de cette réunion, l’accent a notamment été mis sur la gravité de la situation en Libye.

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