MAROC
24/05/2019 14h:10 CET

Mise en place à Rabat d'une commission nationale pour lutter contre la traite d'êtres humains

Exploitation sexuelle, travail forcé, trafic d'organes...

Kamionsky via Getty Images

SOCIÉTÉ - La lutte contre la traite des êtres humains s’intensifie. Jeudi 23 mai à Rabat, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani a présidé la cérémonie d’installation des membres de la commission nationale de coordination des mesures de lutte et de prévention contre la traite des êtres humains.

Rappelant que la loi sur la lutte contre la traite des êtres humains a été adoptée en 2016, le chef du gouvernement a souligné que la création de cette nouvelle commission “vient couronner les efforts déployés par le pays pour s’attaquer à ce phénomène et consolider les droits de l’Homme et l’égalité hommes-femmes en tant que conditions nécessaires à la protection de la dignité humaine et l’amélioration de la qualité de vie”.

“Une forme moderne d’esclavage”

“La traite des êtres humains est une forme moderne d’esclavage qui ne peut être tolérée dans des sociétés respectant les droits de l’homme et l’égalité entre hommes et femmes”, a-t-il relevé, notant que “c’est une forme d’humiliation et de dégradation de la dignité humaine criminalisée et combattue avec tous les instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme”.

La traite des êtres humains prend diverses formes, telles que l’exploitation sexuelle, le travail et la servitude forcés, l’esclavage ou des pratiques similaires à l’esclavage, la réduction en esclavage ou le prélèvement d’organes, a rappelé El Otmani, se disant “confiant” que les compétences attribuées à cette commission lui permettraient de soumettre des propositions au gouvernement afin de préparer le plan d’action national et de proposer des mesures pour faire face à ce phénomène.

Les membres de la commission sont issus de différents départements ministériels et de la sécurité, d’institutions nationales et d’organisations de la société civile. Avant de proposer des mesures concrètes au gouvernement, la commission devra mener une étude interne sur le terrain et préparer une base de données.

En 2017, 47 personnes suspectées de traite d’êtres humains au Maroc

Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) publié en janvier dernier, 27 victimes de la traite d’être humains ont été recensées en 2017 au Maroc. 9 étaient des garçons, 8 étaient des filles, et 10 étaient des femmes adultes. Toutes les victimes ont été victimes de la traite à l’intérieur des frontières du pays.

Selon la même source, 22 d’entres elles ont été victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle et 5 ont été victimes de la traite à des fins de travail forcé.

Toujours en 2017, 47 personnes, dont 27 hommes et 20 femmes, ont été présentées devant la police et/ou la justice pour avoir été soupçonnées, arrêtées ou mis en garde à vue pour traite de personnes.