ALGÉRIE
15/04/2019 16h:48 CET | Actualisé 15/04/2019 17h:15 CET

Militantes déshabillées dans un commissariat: La police dément la "maltraitance", confirme une "fouille corporelle en présence d'une femme policière"

Huffpost MG

La police algérienne a démenti lundi 15 avril “la maltraitance” des quatre militantes déshabillées la veille dans le commissariat de Baraki à Alger, affirmant qu’il s’agit d’une “campagne de dénigrement”. 

“La sûreté de la wilaya d’Alger dément catégoriquement les allégations contenues dans un enregistrement vidéo (…) selon lesquelles quatre citoyennes ont subi des maltraitances”, indique la sûreté de la wilaya d’Alger dans un communiqué.

La police ne nie toutefois pas avoir fouillé les militantes en question. Ces femmes ont subi “une fouille corporelle, en présence d’une policière”, selon la police. Cette mesure “préventive” a pour but de délester les personnes interpellées de tout objet ou matière qui peut être utilisée contre elle-même ou les autres personnes.  

Quatre militantes du MDS et de l’association RAJ ont été obligées de se dénuder dans le commissariat de Baraki à Alger, après avoir été interpellées samedi lors d’un rassemblement au centre de la capitale. 

Dans une déclaration au HuffPost Algérie, la militante du MDS Hania Chibane avait indiqué avoir été obligée de se dénuder et de ne garder que les sous-vêtements inférieurs pour subir une fouille de la part d’une policière.

 

Les militantes, avait-elle précisé, ont obtempéré à contrecœur croyant qu’il s’agissait d’une procédure normale, selon Hania Chabane. Ce n’est qu’après leur élargissement qu’elles ont appris que ce qu’elles ont subi était un abus d’autorité attentatoire à leur dignité.

Lire aussi: Amel, une des manifestantes humiliées au commissariat de Baraki, témoigne de ces moments difficiles (Vidéo)

Amel, une des militantes, a indiqué dans une témoignage filmé que la policière qui l’a obligé à se dénuder lui a touché les seins et lui a demandé d’écarter les jambes pour fouiller ses parties intimes, prétextant qu’il s’agit d’une procédure normale.  

La révélation de ce scandale a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. De nombreux Algériens y ont vu une tentative de casser le mouvement populaire en faisant peur aux manifestantes, y voyant un parallèle avec les pratiques du colonialisme français. 

Des avocats ont annoncé la veille leur intention de déposer plainte aux noms des militantes victimes d’humiliations. 

Sans annoncer l’ouverture d’une enquête, la DGSN a ainsi nié tout dépassement de la part de ces agents du commissariat de Baraki.

La police a pour rappel également nié avoir tiré vendredi 12 avril des bombes lacrymogènes sur les manifestants dans le tunnel des facultés à Alger, une version remise en question par de nombreux témoignages.