MAROC
20/07/2018 18h:00 CET

Migrants mineurs non accompagnés à Paris: le Maroc envoie quatre policiers à Paris

Les policiers dépêchés sur place collaboreront avec les forces de l'ordre françaises.

HuffPost Maroc

JUSTICE - Alors que la Mairie de Paris et les associations peinent à trouver des solutions pour venir en aide aux jeunes migrants mineurs non accompagnés (MMNA), qui squattent depuis plus d’un an dans le quartier de la Goutte d’or, à Paris, le journal français l’Obs annonce que le Maroc va envoyer quatre policiers pour “porter secours à la France”.

En effet, selon le site français, un accord aurait été signé courant juin “entre les ministères français et marocains de l’Intérieur et 4 policiers marocains doivent être dépêchés en France et envoyés en mission dans le quartier de la Goutte d’Or”.

Comme le rappelle la même source, depuis plus d’un an un groupe de jeunes mineurs Marocains a établi domicile dans ce quartier populaire de Paris, provoquant des tensions avec certains habitants du quartier et des commerçants.

Baptisé “arrangement administratif relatif au renforcement de la coopération policière opérationnelle”, ce nouvel accord vise à lutter ”à la fois contre la délinquance et contre l’immigration irrégulière sous forme de criminalité organisée”, rapporte l’Obs.

Collaboration avec la police française

Les policiers dépêchés sur place collaboreront ainsi avec les forces de l’ordre françaises et auront pour mission “d’auditionner les mineurs isolés marocains et de recueillir les informations permettant de lancer les investigations en vue de leur identification et de leur retour au Maroc”.

La situation de ces mineurs s’est transformée en immense casse-tête pour la Mairie de la ville et la police, qui vivent une situation décrite comme “inédite”, comme l’expliquait au HuffPost Maroc en mai 2017 Dominique Versini, maire adjointe de Paris, et qui semble s’étendre aujourd’hui au-delà du quartier de la Goutte d’Or, à d’autres communes de France.

La Mairie de Paris avait par ailleurs collaboré avec l’AMESIP (Association Marocaine d’aide aux Enfants en Situation Précaire) pour trouver des solutions pour ces jeunes et, éventuellement, rechercher leurs familles au Maroc.

“Tout le monde donne le meilleur de lui-même”, déclarait en décembre dernier Touraya Bouabid, présidente de l’association. “Les éducateurs sont présents, la police est là pour les protéger des prédateurs et protéger la population du quartier. Maintenant, tout dépend d’eux et de leur collaboration”.

Des jeunes livrés à la merci de receleurs

Des jeunes dont la présence ne se limite pas à Paris, comme l’explique l’Association Trajectoires dans un rapport publié en avril dernier. Ces derniers recensent notamment la présence de MMNA à Brest, dans l’Est de la France, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux, Lilles, etc. 

Des jeunes dont la présence provoque régulièrement des tensions avec les habitants du quartier, notamment en raison d’actes de petite délinquance. Des activités illégales souvent motivées par la dépendance de certains d’entre eux aux drogues dures, et qui sont utilisées “de manière nettement plus opportuniste par les receleurs qui les incitent à opérer des vols à l’arrachée (téléphone portable, bijoux et autre)”, explique Trajectoires. “Ces mineurs ‘sous produits’ étant totalement désinhibés, ils deviennent très facilement utilisables pour des vols à la personne”, continue le rapport.