MAROC
29/06/2018 15h:40 CET

Migrants: L'OIM se prononce contre l'idée de centres d'accueil hors-UE

Le Maroc s'oppose tout autant à cette proposition.

SOPA Images via Getty Images

MIGRANTS - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une agence onusienne basée à Genève, s’est prononcée vendredi contre l’idée de création de centres d’accueil de migrants en dehors de l’UE. 

Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’UE, réunis jeudi et vendredi à Bruxelles, ont convenu de se partager sur une base volontaire la responsabilité d’accueil des réfugiés et migrants et de créer, à cet effet, des “centres contrôlés” avec le soutien de l’Union chargés d’étudier au cas par cas les demandes d’asile.

Cependant, comme le rapporte le HuffPost France, ce plan évoque également “la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers, sous l’autorité du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR)”.

Des centres “européens”

Un point de discorde pour l’OIM: “Toute solution à la problématique liée à la gestion migratoire doit être une solution européenne”, a affirmé un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle, lors d’un point de presse.

Il a toutefois souligné que l’organisme de l’ONU se félicite “de l’esprit de solidarité et de consensus” qui a prévalu lors du sommet européen de Bruxelles.

Le porte-parole a fait observer à cet égard que l’organisation internationale “ne parle pas de centres de traitement des demandeurs d’asile à l’étranger, c’est un point crucial”, relevant que “ces centres devraient être en Europe”.

“L’OIM”, a-t-il dit, “a fait part de sa préoccupation concernant notamment l’ouverture de “plateformes de débarquement” en Libye du fait de l’insécurité qui y règne”. Leonard Doyle a expliqué à cet égard que “l’essentiel du débat sur les migrations est grandement disproportionné par rapport à l’ampleur réelle du problème”.

Le Maroc opposé aux centres d’accueil

Alors que les chefs d’états européens négociaient cet accord à Bruxelles, à Rabat, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita accueillait hier son homologue espagnol Joseph Borrell. Les deux hommes, au cours de cette rencontre, se sont également penchés sur la crise migratoire.

Si le ministre marocain a qualifié “d’exemple” le “modèle de coopération maroco-espagnol dans le domaine de la gestion des flux migratoires”, ce dernier s’est dit opposé à la création de centres d’accueil de migrants. “Le Maroc rejette et a toujours rejeté ce genre de méthodes pour la gestion de la question migratoire”, a-t-il ainsi indiqué dans une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens à Rabat avec le chef de la diplomatie espagnole, Joseph Borrell. 

“Je pense que le modèle de coopération maroco-espagnol est un exemple, parce qu’il traite la question dans sa globalité, loin des solutions faciles et des mécanismes contreproductifs”, a poursuivi le ministre. 

De son côté, le ministre espagnol des Affaires Etrangères a noté que le Maroc et l’Espagne “ne sont pas seulement des pays amis et voisins”, mais des partenaires “stratégiques” qui partagent l’ambition commune de donner plus d’ampleur à cette relation, basée sur le respect, le dialogue et la confiance mutuelle”. Josep Borrell se trouve au Maroc pour sa première visite à l’étranger hors Europe en tant que ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement espagnol.

Baisse drastique des passages par la Libye

Si le Maroc est une route de plus en plus fréquenté par les migrants ces dernières années, le nombre de passages par la Méditerranée baisse drastiquement depuis 3 ans. Selon l’OMI, entre le 1er janvier et le 24 juin 2018, 13.462 migrants sont arrivés sur les côtés espagnols, contre 4.161 l’an dernier à la même période. En Italie, le nombre d’arrivées a lui chuté de janvier-juin 2017 à cette même période en 2018, passant de plus de 72.000 arrivées à “seulement” 16.394 en 2018.

Le nombre d’arrivées de migrants par la Méditerranée a baissé de plus de moitié en un an. Il sont 42.845 migrants et réfugiés arrivés en Europe par la mer en date du 24 juin. Ils étaient 85.751 à la même période l’an dernier, et 215.997 à la même date en 2016, rapporte l’organisme onusien.