MAGHREB
15/07/2015 10h:27 CET | Actualisé 15/07/2015 10h:34 CET

Michel Boujenah s'estime discriminé depuis le début de sa carrière comme "le juif-tunisien de service"

FETHI BELAID via Getty Images
French actor Michel Boujenah poses for a photo at the archaeological site of Carthage, north of Tunis, on April 18, 2015. A month after the March 18 gun attack on the capital's Bardo National Museum, French Culture Minister Fleur Pellerin and members of a delegation, including Boujenah, are visiting Tunisia to express their support for the families of the victims and the Tunisian people. AFP PHOTO / FETHI BELAID (Photo credit should read FETHI BELAID/AFP/Getty Images)

CULTURE - Michel Boujenah règle ses comptes. L'acteur et humoriste s'est dit mercredi 15 juillet en "colère" d'avoir été "catalogué" comme "le juif-tunisien de service" tout au long de sa carrière et discriminé à cause de son accent, dans une interview sur RTL.

"Quand on est en France, quand on arrive à 11 ans, qu'on a un défaut de langue et qu'en plus on a un accent juif tunisien à couper au couteau, dont on ne se rend pas compte, parce que pour moi je n'ai pas d'accent, on se moque de vous, parce que l'image qu'on a de vous, elle est ridicule, elle est caricaturale", a déclaré l'acteur de 62 ans qui a grandi à La Goulette (banlieue nord de Tunis), confiant "avoir énormément souffert" car il ne correspondait pas "à l'image qu'on se fait d'un acteur 'normal' entre guillemets".

Les Tunisiens selon Michel Boujenah

Le 17 janvier 2011, Michel Boujenah n'avait pas pu retenir ses larmes sur le plateau du Grand Journal sur Canal Plus, en compagnie de Moncef Marzouki (futur président de la République) et la fille de Hamma Hammami, il avait indiqué "qu'il fallait faire très attention à la suite (ndlr: politiquement) (...) le peuple tunisien a donné une leçon au monde, il faut que tout le monde fasse très attention au peuple tunisien, il ne faut pas considerer ce qui se passe en Tunisie avec des critères occidentaux, il faut respecter le peuple tunisien et sa volonté".

Le natif de Tunis avait poursuivi en declarant "que la suite sera très difficile et qu'il fallait soutenir les Tunisiens et leur volonté".

Sa declaration avait été massivement propagée sur les réseaux sociaux, créant une vague d'émotions, en Tunisie et ailleurs.

"C'est dégueulasse"

Avec le succès de son premier spectacle "Albert" en 1980, prenant pour thème la vie des juifs tunisiens immigrés en France, "tout de suite on m'a catalogué, on m'a remis une étiquette, l'étiquette que j'avais quand j'avais 12 ans, 15 ans, 16 ans, 17 ans. Je suis devenu le 'juif-tun' de service, il m'ont refait souffrir encore", poursuit l'humoriste, qui a présenté cette année son nouveau spectacle, "Ma vie rêvée".

"Vous croyez que j'ai pas de peine par exemple de pas être nommé aux Molières ?", demande-t-il. "Ça fait 36 ans que je fais ça, je mérite pas que mes pairs me disent 'T'as bien travaillé!' ? C'est dégueulasse", s'indigne-t-il encore.

"Le jour où je vais m'arrêter, et un jour je m'arrêterai, dans 10 ans, 12 ans à peu près, je dirai exactement ce que je pense. (...) Le jour où j'aurai plus la peur de ne pas remplir mon théâtre parce que je serai plus jamais invité nulle part, parce que je vais vous massacrer tous, je vais vous dire ce que je pense pour la plupart, globalement, quand je ferai ma tournée d'adieu", a-t-il lancé, confiant ressentir "parfois de l'indignation, de la colère".

Pour Michel Boujenah, aller en Tunisie après la révolution est un acte militant pour soutenir la première démocratie arabe

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