22/06/2019 10h:05 CET | Actualisé 22/06/2019 10h:05 CET

Mezouar appelle à la mise en place d'un fonds d'investissement pour la filière bio au Maroc

“Le bio ne peut être réservé à une petite catégorie de privilégiés, mais doit bénéficier au plus grand nombre".

CGEM/TWITTER

Le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Salaheddine Mezouar, a appelé, vendredi à Casablanca, à la mise en place d’un fonds d’investissement en faveur de la filière bio.

“Il est nécessaire de lancer des initiatives fortes pour soutenir ce secteur, notamment la mise en place d’un fonds d’investissement en faveur du bio, de l’aide à l’export et de filières d’excellence”, a souligné M. Mezouar à l’occasion de la première édition du Salon Bio Expo Maroc, qui se tient jusqu’au 23 juin.

La CGEM est disponible pour accompagner cette dynamique et établir un plaidoyer en faveur des pouvoirs publics, a-t-il fait savoir, se félicitant de la forte dynamique que connaît la distribution des produits bio existants, ainsi que le développement et la modernisation du commerce de ces produits qui reste, cependant, concentré dans certaines grandes villes et régions. 

D’après M. Mezouar, “le bio ne peut être réservé à une petite catégorie de privilégiés, mais doit bénéficier au plus grand nombre, dans l’ensemble de nos territoires”. “Nous devons améliorer davantage la production nationale grâce à la mise en place de véritables outils de transformation pour faire émerger une véritable agriculture bio marocaine”, a-t-il ajouté. 

Lutter contre les utilisations abusives de l’appellation bio

Le président de la CGEM a également plaidé pour le renforcement des campagnes de communication en vue de promouvoir les produits bio auprès des consommateurs marocains et de mettre en exergue leur qualité et leurs effets bienfaiteurs sur la santé. 

Ces campagnes de communication, a-t-il poursuivi, permettront aussi de lutter contre les utilisations abusives de l’appellation bio, qu’on confond souvent avec le “beldi”, ou les produits purs et naturels. 

Et de souligner que le Maroc peut représenter un terrain fertile en tant que destination pour les consommateurs et les investisseurs du bio. 

Rappelant que le secteur bio génère actuellement un milliard de dirhams, M. Mezouar a mis l’accent sur les opportunités de développement de cette filière qui est, au Maroc, une niche censée devenir un segment champion à l’export comme c’est le cas en Turquie et en Tunisie. 

Un avenir “très prometteur” pour la filière bio

Rejoignant la même idée, le président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), Hassan Sentissi El Idrissi, a noté que “si le bio est aujourd’hui pour les producteurs et les industriels marocains une niche, sa croissance à l’échelle mondiale augure d’un avenir très prometteur”. 

Selon lui, les habitudes de consommation ne cessent de changer et le consommateur d’aujourd’hui souhaite connaître la traçabilité du produit qu’il consomme et le suivre, que ce soit sur le plan de sa qualité ou de son apport pour sa santé. 

Parallèlement, l’activité publicitaire autour des enseignes du bio monte en puissance et attire de plus en plus de consommateurs, a relevé M. Sentissi El idrissi. 

Ainsi, “nous ne pouvons pas continuer à vendre et à exporter nos produits agricoles avec une faible valeur ajoutée pour les voir transformés ailleurs et vendus avec des prix multipliés parfois par 10 ou plus”, a-t-il ajouté, notant que le développement de l’industrie bio est une ambition très importante qu’il convient d’accompagner et d’appuyer. 

Cet accompagnement passe par des programmes dédiés couvrant notamment la formation et l’encadrement des entrepreneurs agriculteurs, la certification Maroc reconnue et homologuée à l’étranger et la promotion sur les marchés extérieurs. Le président de l’ASMEX a, par ailleurs, appelé à adosser le bio au halal pour saisir les opportunités énormes sur les marchés internationaux.