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30/08/2018 16h:09 CET | Actualisé 30/08/2018 16h:09 CET

Même sur le viol, les Tunisiens toujours partagés

Même dans le malheur, nous comptons malheureusement deux camps. Un se veut intransigeant, pour la peine de mort, l’autre se veut light, ouvert sur les droits de l’homme standardisés pour l’application de la perpétuité.

somkku via Getty Images

Cette question du viol abject et d’une sauvagerie inouïe de Goubelatt, nous partage de nouveau.

Même dans le malheur, nous comptons malheureusement deux camps. Un se veut intransigeant, pour la peine de mort, l’autre se veut light, ouvert sur les droits de l’homme standardisés pour l’application de la perpétuité. À quand un vrai débat dans cette République chaotique? À quand l’émergence de comités de réflexion où le peuple -je dis bien le peuple- aura son mot à penser.

Pondre des lois est un jeu facile et un médiocre réservé aux députés de l’ARP dictés par les rebondissements et tiraillements politiques. Nous les avons vu faire, nous les avons supportés puis nous nous en sommes éloignés, épuisés par leur jeu presque macabre de notre pays et de nos vies.

Pondre une loi punitive reste un jeu d’enfant mais ce qui est difficile, c’est de s’essayer à comprendre ce pays qui part en vrille avec ses valeurs, son éthique et ses matières, c’est de s’essayer à comprendre le pourquoi de cette violence dans la rue, dans les maisons, dans les écoles et dans nos moeurs qui changent en permanence. L’interdit d’hier est bafoué, pire, toléré voire béni aujourd’hui. Nos “halals” et nos “harams” sont à l’ordre de chaque pensée, chaque acte. Pire nous fonctionnons depuis la révolution selon un mode automatique “Avec” ou “contre”. Nous snobons tout. Pire tout est mis en place pour snober la pensée profonde et les valeurs justes. Tout est affaire de jugement de valeurs et non d’états, de faits.

Tout cela, malgré la douleur, est bon pour nous. Ces secousses profondes dans la société nous font mal certes. TRÈS MAL. Mais il est des souffrances plus salutaires que toutes les thérapies. Elles nous rendent à nous-mêmes, nos failles et nos frustrations. De là, elles nous amènent obligatoirement à la réflexion profonde sur le mode du “To be or not to be” (”être ou ne pas être”), Exist or not (“exister ou ne pas exister”), Deserve to live or not (“mériter de vivre ou non”).

Un Ps fondamental: Pour une fois, je n’ai pas entendu les islamistes se proclamer d’un camp ou l’autre? Pourquoi ces sujets de société ne les touchent pas? Ils ne leur sont pas rentables ou ne les concernent pas ou bien parce que chez eux le viol est classé dans un registre autre?