TUNISIE
16/07/2018 15h:57 CET

Mehdi Ben Gharbia: "Celui qui veut que ce gouvernement s'en aille, n'a qu'à utiliser ses prérogatives constitutionnelles"

La polarisation de la discussion “depuis maintenant 4 mois” sur l’avenir politique de Youssef Chahed à la tête du gouvernement est selon lui contreproductive

Invité de l’émission Midi Show sur Mosaïque FM, l’ancien ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme Mehdi Ben Gharbia, qui a démissionné samedi, est revenu sur la crise politique que traverse le pays actuellement.

Affirmant ne pas avoir vu l’interview du président de la République Béji Caid Essebsi donnée dimanche soir à la chaine Nessma Tv, Mehdi Ben Gharbia a choisi de ne pas se mouiller: “Pourquoi avons nous fait une constitution? Pour que lorsque plusieurs pouvoirs (Ndlr: Législatif et executif) sont en désaccord, et veulent changer le gouvernement ou son chef, ils ont les moyens de le faire” a-t-il expliqué avant de citer la constitution.

“Aujourd’hui, pour que le gouvernement s’en aille, il y a 3 façons. Et celui qui veut que le gouvernement s’en aille n’a qu’à utiliser ses prérogatives” a-t-il ajouté renvoyant la balle à l’Assemblée des représentants du peuple qui a la possibilité de déposer une motion de censure ou au président de la République qui peut demander un vote de confiance comme le prévoit l’article 99 de la Constitution.

Comme il l’a expliqué dans une courte vidéo expliquant les raisons de sa démission, Mehdi Ben Gharbia réitère son soutien au gouvernement Chahed: “J’appelle le chef du gouvernement et le gouvernement à continuer leurs fonction” parce que la situation du pays l’oblige: “Nous sommes en pleine saison touristique, l’espoir commence à revenir, nous avons des réformes que nous menons avec le FMI...(...) Le gouvernement est en train de faire son travail. Les chiffres sont en train de s’améliorer (...) mais c’est sur qu’il aurait pu travailler plus vite en faisant de meilleures réformes s’il avait une protection politique”.

La polarisation de la discussion “depuis maintenant 4 mois” sur l’avenir politique de Youssef Chahed à la tête du gouvernement est selon lui contreproductive: “Aujourd’hui, toutes les discussions se concentrent autour du départ de Youssef Chahed. Et celui qui va venir après, que va-t-il faire face aux dettes des entreprises publiques ou des caisses sociales? Vous pensez que tout va disparaitre d’un claquement de doigt? Parlons de nos vrais problèmes! Faisons en sorte que le débat public revienne sur les véritables problèmes des Tunisiens!” a appelé Ben Gharbia.

Interrogé sur son avenir politique, dans un contexte où plusieurs rumeurs l’envoient comme directeur de la campagne présidentielle de Youssef Chahed, si jamais celui-ci venait à se présenter pour 2019, Mehdi Ben Gharbia nie: “Je ne travaille pour personne, ni pour aucun parti. Je travaille selon mes convictions” a-t-il conclu.

Mehdi Ben Gharbia a démissionné de son poste de ministre chargé des Relations avec les instances constitutionnelles, la société civile et les organisations des droits de l’homme samedi. 

Il avait expliqué sa démission par sa volonté de retrouver sa “liberté d’expression” pour défendre ses positions, ses convictions et “pour continuer à soutenir les politiques du gouvernement sans avoir un devoir de réserve imposé aux membres du gouvernement”.

 

“Je continuerai à défendre ce en quoi je crois: les réformes et la stabilité politique et gouvernementale, nécessaires à notre pays” avait-il expliqué.

 

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