ALGÉRIE
17/01/2019 15h:28 CET

Mégaprojet de phosphate : 80% du financement assurés par des banques chinoises

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Le financement du mégaprojet intégré d’exploitation et de transformation du phosphate à l’Est du pays, estimé à 6 milliards de dollars, sera assuré à hauteur de 80% par des banques chinoises, a indiqué jeudi à Alger le conseiller auprès du groupe Sonatrach, Ferhat Ounoughi.

Intervenant lors d’une journée d’études sur les besoins en ressources humaines qualifiées pour ce mégaprojet, M. Ounoughi a expliqué que les partenaires, actuellement en négociation pour lancer leur société mixte, comptent recourir aux banques chinoises pour avoir les 80% du financement nécessaire alors que les 20% restants seront assurés par leurs fonds propres.

Selon le mémorandum d’entente signé entre les partenaires du projet en novembre dernier à Tebessa, la société Asmidal (filiale du groupe Sonatrach) détient 34% de ce complexe intégré d’exploitation et de transformation du phosphate, contre 17% pour le groupe Manadjim El Djazair (Manal), soit un total de 51% pour la partie algérienne.

La partie chinoise, qui détient les 49% restants du projet, comprend le groupe Citic, le Fonds de la Route de la soie (créé par la Chine en décembre 2014), le Fonds sino-africain pour le développement ainsi qu’un technologue à intégrer, qui sera choisi prochainement par les partenaires, a fait savoir M. Ounoughi.

“Les négociations pour la création de la société mixte sont à un stade très avancé”, a souligné ce conseiller auprès du groupe Sonatrach chargé par le gouvernement de mener ces négociations au nom de la partie algérienne.

De son côté, le P-dg du groupe Manal, Tahar-Chérif Zerarka, a expliqué à la presse que cette société mixte devrait voir le jour durant le premier trimestre 2019, après l’accomplissement de toutes les procédures légales nécessaires notamment celles liées au Conseil des participations de l’Etat (CPE).

Cette joint-venture s’attellera, durant les six mois qui suivront sa création, à la mobilisation des fonds nécessaires et le choix d’un opérateur EPC (Engineering, Procurement and Construction/ Ingénierie, Approvisionnement et Construction).

Les travaux, qui seront lancés courant 2019, devraient prendre 42 mois, a avancé M. Zerarka en soulignant la “complexité” du projet qui nécessitera, par ailleurs, des infrastructures connexes (extension du port d’Annaba, stations de dessalement de l’eau de mer, lignes ferroviaires...) dont le coût global est estimé à 790 milliards de dinars.

Le mégaprojet intégré d’exploitation et de transformation du phosphate et du gaz naturel s’étend sur cinq (5) wilayas de l’Est du pays: Tébessa, Souk Ahras, El Tarf, Skikda et Annaba avec des effets indirects sur les wilayas voisines (Guelma, Jijel, Constantine, Oum El Bouaghi, Khenchela et El Oued).

Il est réparti sur quatre (4) sites-clés: les gisements de Bled El-Hadba/Bir El-Ater (Tebessa), la plateforme de Oued Kebrit (Souk Ahras), celle de Hadjar Essoud (Skikda) et le port d’Annaba.

Ce complexe aura des retombées considérables sur le développement d’activités économiques en générant, notamment, 13.500 emplois pour les besoins de chantiers de réalisation et 2.900 emplois directs pour la phase d’exploitation, selon l’étude du projet réalisée par trois bureaux spécialisés (allemand, français et indien).

Un groupe de travail composé de représentants des ministères, respectivement, de l’Industrie et des mines et de la Formation et de l’enseignement professionnels, a été installé afin de recenser l’ensemble des besoins en matière de qualification pour ce mégaprojet et d’élaborer des plans de formation pour satisfaire ses besoins en ressources humaines.

L’Algérie est actuellement le 9ème producteur mondial de phosphate avec 0,4 million de tonnes produites en 2017. Elle possède un potentiel considérable avec des réserves importantes classées 3ème au monde, après le Maroc et la Chine, et estimées à 2.200 millions de tonnes.